Gabon : la présidence reprend la main sur Belinga, méga‑projet minier de 10 milliards $

Le Gabon a décidé de reprendre le contrôle stratégique du projet de Belinga, l’un des plus grands gisements de fer d’Afrique centrale. Lors du Conseil des ministres du 18 décembre, le Haut‑Commissariat dédié a été dissous, remplacé par une Task‑force présidentielle placée directement sous l’autorité du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma.

Cette Task‑force, dotée de moyens renforcés et d’un mandat renouvelable de cinq ans, doit accélérer la mise en œuvre d’un projet considéré comme un pilier du redressement économique du pays.

Avec plus de 160 000 mètres de forage, Belinga affiche des réserves évaluées à 1 milliard de tonnes, avec un potentiel pouvant atteindre 4 milliards. La teneur moyenne dépasse 62 % Fe, certaines zones atteignant 65 %, ce qui place le gisement dans le haut du panier mondial.

Le plan d’investissement global est estimé à 10 milliards de dollars. Il inclut la mine, des unités de traitement, un chemin de fer lourd reliant Belinga à Mayumba, un port en eau profonde et un système énergétique intégré. La première expédition est prévue pour 2030.

La structure actionnariale associe Fortescue (72 %), ATIF (18 %) et l’État gabonais (10 %). Selon le ministre des Mines, Gilles Nembé, des conventions juridiques strictes garantissent la souveraineté économique, l’emploi national, la transformation locale et le respect des normes environnementales.

Le projet a déjà généré 700 emplois, dont 90 % occupés par des Gabonais, et devrait créer des milliers de postes supplémentaires. Belinga est conçu comme un corridor industriel intégré, combinant mine, rail, port et énergie.

Le projet de Belinga rappelle, par son ampleur, le méga‑gisement de Simandou en Guinée, considéré comme l’un des plus grands projets de minerai de fer au monde. Comme Simandou, Belinga illustre la volonté des États africains de mieux contrôler leurs ressources stratégiques et de capter davantage de valeur ajoutée localement. Mais là où Simandou reste marqué par des retards et des tensions entre investisseurs, Libreville cherche à imposer une gouvernance centralisée pour éviter les blocages et accélérer la mise en production.