Gabon : Édith Laure Oyaya-Mbiguidi, première femme à la tête de la DGI
- Le corporate
- 28 mai 2026
- Femme dirigeante
- 0Commentaires
Elle entre dans l’histoire en devenant la toute première directrice générale des Impôts du Gabon. Mais la nomination d’Édith Laure Oyaya-Mbiguidi intervient dans un contexte difficile où les recettes budgétaires 2026 ont été révisées à la baisse de 880 milliards de FCFA.
Le Conseil des ministres du 23 mai 2026 a entériné la nomination d’Édith Laure Oyaya-Mbiguidi au poste de directrice générale des Impôts (DGI) du Gabon, une première dans l’histoire de cette institution depuis sa création. Sa nomination survient dans un contexte de contraction marquée des recettes publiques.
Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 ramène les recettes budgétaires nettes à 2 928,2 milliards de FCFA, contre 3 808 milliards inscrits en loi de finances initiale, soit un écart de 880 milliards de FCFA. Dans le même mouvement, les projections de croissance ont été révisées à 4 %, contre 6,5 % en début d’exercice.
Ce recadrage contraste avec les ambitions affichées en janvier. La loi de finances initiale 2026 tablait sur des recettes fiscales de 2 404 milliards de FCFA, soit une hausse de 30 % par rapport au budget 2025. La DGI devra désormais opérer dans un cadre contraint, tout en maintenant le cap sur la mobilisation des recettes non pétrolières.
La nouvelle directrice n’hérite pas d’une maison sinistrée. Entre 2021 et 2023, les recettes fiscales hors pétrole sont passées de 744 à 1 002 milliards de FCFA, soit une progression de 34,7 %, au-delà de l’objectif de 30 % fixé dans le Plan stratégique 2021-2023. Le Plan stratégique suivant, couvrant la période 2025-2027, prévoit de porter ces recettes à 1 246 milliards en 2026, puis à 1 350 milliards en 2027.
Pour y parvenir, la DGI s’appuie notamment sur Digitax, sa plateforme de dématérialisation fiscale lancée en avril 2024. Selon le rapport annuel 2024 de la direction, au moins 80 % des recettes fiscales transitent désormais par ce système, au détriment des règlements par chèque ou en numéraire. La loi de finances 2026 a par ailleurs introduit plusieurs réformes structurelles : élargissement de l’assiette TVA, réforme de la contribution foncière unique (CFU), taxation des logiciels importés ou téléchargés, et instauration d’une taxe environnementale.
Parmi les chantiers prioritaires figure l’intégration du secteur informel, qui représente entre 40 et 50 % du PIB gabonais. Son inclusion dans l’assiette fiscale, notamment via les canaux numériques, constitue l’un des principaux leviers d’élargissement des ressources propres de l’État.
Édith Laure Oyaya-Mbiguidi prend ainsi la tête d’un outil en cours de modernisation, mais soumis à des contraintes budgétaires accrues. Sa mission sera de concilier l’impératif de rendement fiscal avec la préservation d’un tissu économique encore en phase de reconstitution, dans un pays où les attentes envers l’administration publique demeurent élevées.



