Fonds RSE : le gouvernement somme la GOC et ses filiales de rapatrier plus de 150 milliards de FCFA au Gabon
- Le corporate
- 22 janvier 2026
- Editorial
- 0Commentaires
Cette décision prise le 21 janvier 2026 par le ministre des Finances du Gabon, Thierry Minko, vise à soutenir les réserves de change.
Le gouvernement gabonais durcit sa politique de gestion des ressources extractives. Dans un communiqué publié le 21 janvier 2026, le ministre des Finances, Thierry Minko, a ordonné le rapatriement « intégral » des provisions destinées à la réhabilitation des sites miniers et pétroliers. Selon lui, les fonds de restauration des sites, communément appelés fonds RES, représentent des sommes colossales immobilisées par les entreprises pour garantir la remise en état de l’environnement après exploitation. Au 31 décembre 2025, ils sont évalués à 270 millions de dollars.
Le ministre Thierry Minko ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Il a instruit, de manière « ferme et définitive », la compagnie nationale Gabon Oil Company (GOC) ainsi que ses filiales, de procéder sans délai au transfert de ces avoirs vers le circuit financier local. Au-delà de la conformité environnementale, cette mesure revêt un caractère monétaire stratégique. Le rapatriement de ces fonds en devises (dollars US) vise directement à renforcer les réserves de change de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), garantir la stabilité de la monnaie commune (le Franc CFA) face aux chocs extérieurs et respecter la réglementation de la CEMAC sur le change, qui impose le rapatriement des recettes d’exportation et des fonds associés.
Loin d’être une initiative isolée, l’exigence de rapatriement des fonds miniers au Gabon s’inscrit dans un cadre réglementaire strict et bénéficie d’une impulsion politique coordonnée au niveau de la sous-région. La mesure prise par les autorités gabonaises s’appuie sur un socle juridique précis : la loi du 23 décembre 2021. Ce texte définit les dispositions spécifiques relatives à la réglementation des changes pour les entreprises extractives (pétrolières et minières) résidant dans l’espace CEMAC. Dans ce sens, cette loi impose aux opérateurs du secteur extractif une gestion plus transparente de leurs devises, visant à mettre fin à la détention injustifiée d’avoirs à l’étranger et à garantir que les profits générés par les ressources naturelles irriguent l’économie régionale.
Une priorité réaffirmée au sommet de Brazzaville
Le calendrier de cette annonce n’est pas fortuit. Elle intervient alors que le Conseil extraordinaire des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale s’est réuni le 21 janvier à Brazzaville. En prélude au Sommet des chefs d’État de la CEMAC prévu ce 22 janvier, les instances dirigeantes ont fermement rappelé la nécessité de : « rapatrier dans la CEMAC, les avoirs détenus à l’extérieur de la zone », renforcer la souveraineté monétaire de la zone Franc par une meilleure captation des devises issues des exportations et assurer une surveillance plus rigoureuse des flux financiers transfrontaliers.
Pour les pays membres, le rapatriement des avoirs, notamment les fonds de restauration des sites (RES), constitue un levier essentiel pour : améliorer la balance des paiements de la sous-région, financer le développement local grâce à une liquidité bancaire accrue et sécuriser la réhabilitation environnementale des zones exploitées, en s’assurant que les fonds sont disponibles et accessibles au sein des banques centrales de la zone.



