Finances publiques - Le Gabon engage la restructuration de sa dette estimée à 70 % du PIBFinances publiques

Finances publiques – Le Gabon engage la restructuration de sa dette estimée à 70 % du PIBFinances publiques

Le président Oligui Nguema a confirmé devant le parlement le 15 juin dernier à l’occasion de son discours sur l’Etat de la Nation que la dette publique représentait 70 % du PIB au moment où il a pris ses fonctions. Des discussions sont en cours avec le Fonds Monétaire International pour sa restructuration, et un nouveau cadre budgétaire est en préparation pour la période 2027-2029.

Dans son discours sur l’état de la Nation, le président de la République a présenté la situation macroéconomique trouvée à son arrivée au pouvoir le 30 août 2023. Le niveau de la dette publique atteignait alors 70 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Le chef de l’État a précisé que cette dette « n’avait pas servi au développement du pays ».

« Cette question fait l’objet d’un traitement responsable avec les instances internationales, notamment le FMI avec lequel nous sommes en discussion. Ces échanges portent essentiellement sur la restructuration de la dette dont le niveau est certes élevé mais soutenable. »a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a précisé que le recours futur à l’endettement sera maintenu, mais encadré par une logique de « dette utile ». Les nouveaux emprunts seront orientés vers des investissements structurants, notamment les ports en eau profonde à Kobe-Kobe et Mayumba, lignes de chemin de fer, barrages hydroélectriques. Dans le secteur ferroviaire, l’État a déjà contracté auprès de l’Agence Française de Développement (AFD) un emprunt de 173 millions d’euros (soit 115 milliards de FCFA) pour la réhabilitation du chemin de fer sur une période de six ans, avec une fin de travaux prévue en 2031.

Sur le plan budgétaire, le gouvernement a engagé l’élaboration d’un Document de Cadrage Macroéconomique et Budgétaire aligné sur le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) pour la période 2027-2029. Ce document constitue l’instrument de planification financière pluriannuelle de la nouvelle République. Le président a également annoncé la poursuite de la digitalisation des finances publiques et l’entrée en vigueur du Système Intégré de Gestion des Finances Publiques, destiné à renforcer la traçabilité des dépenses de l’État.

Le chef de l’État a par ailleurs dénoncé la surfacturation dans les marchés publics, annonçantque « toute vacation sera désormais auditée » et que les procédures de contrôle seront systématisées dans tous les secteurs afin d’attirer davantage d’investisseurs privés.