Finance islamique : un levier sous-exploité pour la résilience économique en CEMAC
- Le corporate
- 14 août 2025
- Editorial
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Alors que la CEMAC cherche à réduire sa dépendance aux matières premières et à stimuler une croissance inclusive, un outil financier reste largement sous-utilisé : la finance islamique. Pourtant, son potentiel en matière d’inclusion, de diversification et de financement à long terme est considérable.
Un marché encore embryonnaire
Malgré l’entrée en vigueur récente d’un cadre réglementaire commun, l’offre en produits de finance islamique reste marginale dans les six pays de la CEMAC. Très peu d’établissements proposent des services conformes à la charia, et la demande demeure freinée par un manque de sensibilisation et de formation.
Pourquoi c’est stratégique pour la région
Dans un contexte de baisse des revenus pétroliers et de tensions budgétaires, la finance islamique offre une alternative crédible pour :
• Financer des projets structurants grâce à des instruments comme les sukuks (obligations islamiques).
• Stimuler l’entrepreneuriat via le microfinancement éthique.
• Attirer des capitaux du Moyen-Orient et d’Asie, marchés où ce mode de financement est mature.
Cas du Gabon : un outil pour la diversification
Le Gabon, engagé dans une stratégie de croissance à deux chiffres à moyen terme, pourrait utiliser la finance islamique pour développer ses filières non pétrolières : transformation minière, agriculture de rente, tourisme durable. Un programme ciblé de sukuks verts, par exemple, pourrait financer des infrastructures tout en répondant aux objectifs de durabilité.
Freins et solutions
• Manque de compétences locales : besoin de former banquiers, juristes et régulateurs.
• Absence de culture financière islamique dans le grand public : nécessité d’une campagne d’information.
• Régulation encore jeune : importance de la stabiliser et de la rendre incitative.
Une opportunité à saisir rapidement
Dans une région où l’inclusion financière reste faible et où la dépendance aux matières premières fragilise les budgets, la finance islamique peut devenir un pilier de résilience. Encore faut-il que les États et les banques jouent la carte de l’innovation et de l’ouverture.



