Déchets urbains : Le Cameroun mise sur 2 partenariats privés pour rattraper 10 ans de retard

Face à une urbanisation galopante, le ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Mindhu) a signé le 12 mars 2026, deux accords avec des entreprises spécialisées, Thermosun Cameroun et Blue Energy Holding.

Deux. C’est un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du défi. Deux mémorandums, deux entreprises, deux approches complémentaires pour s’attaquer à l’un des problèmes les plus visibles des grandes métropoles camerounaises. Le 12 mars 2026, le ministre de l’Habitat et du Développement Urbain recevait en audience les délégations de Thermosun Cameroun et de Blue Energy Holding, en présence des responsables techniques du ministère. La rencontre s’est conclue par la signature de ces deux MOU, faisant officiellement entrer le Cameroun dans une nouvelle ère de la gestion durable des déchets.

Yaoundé et Douala en première ligne

Les deux capitales (économique et politique) concentrent l’essentiel des tensions. Forte croissance démographique, urbanisation accélérée, infrastructure de collecte insuffisante, le tableau est connu. Ce que proposent THERMOSUN Cameroun et BLUE ENERGY HOLDING, c’est précisément de renverser la logique. Plutôt que de gérer les déchets comme un fardeau, leurs projets visent à les transformer en ressources (énergétiques d’un côté, agricoles de l’autre) tout en renforçant la chaîne de collecte et de traitement en amont.

Ces signatures ne surgissent pas de nulle part. Elles font écho aux recommandations des États généraux sur la gestion des ressources en déchets, tenus en mai 2025. Un an après cet événement structurant, le MINHDU passe à la vitesse supérieure en associant le secteur privé à la mise en œuvre concrète de ces orientations. L’objectif affiché est clair : promouvoir une économie circulaire, améliorer la salubrité publique et rehausser le cadre de vie des populations urbaines.

En recevant ces deux délégations et en engageant sa signature, le MINHDU envoie un message au-delà des frontières nationales : le Cameroun est ouvert aux solutions innovantes et aux partenariats industriels dans le secteur des déchets. Ces deux accords ne sont que le début. Ils ouvrent la voie à des projets plus concrets dont les populations de Yaoundé et Douala attendent, depuis longtemps, les effets tangibles.