Cuivre et de cobalt : Comment le conflit au Moyen-Orient paralyse l’industrie minière en RDC

Entre annulations de commandes et explosion des coûts logistiques, le secteur minier de la République démocratique du Congo (RDC) vacille.

L’industrie minière en République démocratique du Congo (RDC) traverse une zone de fortes turbulences. Selon des informations rapportées par l’agence Reuters, les principaux producteurs de cuivre et de cobalt du pays font face à des annulations massives de commandes de produits chimiques essentiels à la lixiviation (traitement des minerais). Cette crise logistique, déclenchée par l’aggravation du conflit au Moyen-Orient impliquant l’Iran, force les opérateurs à réduire leur consommation d’intrants et à envisager une baisse de leur production.

Un maillon stratégique sous tension

La RDC occupe une place centrale dans la transition énergétique mondiale : elle est le premier producteur mondial de cobalt et le leader africain du cuivre. Ces métaux sont indispensables à la fabrication des batteries pour véhicules électriques. Cependant, leur extraction dépend de l’acide sulfurique et du métabisulfite de sodium (SMBS), des composés soufrés dont l’approvisionnement est aujourd’hui paralysé par les tensions maritimes.

L’impact est déjà mesurable sur le terrain. Reuters indique qu’une commande de 2 000 tonnes de SMBS a été purement et simplement annulée, tandis qu’une autre livraison de 1 800 tonnes a été retirée début avril, malgré des contrats dûment signés.

Si les sources industrielles ont refusé de nommer précisément les entreprises touchées, les regards se tournent vers les trois géants du secteur en RDC : le chinois CMOC, le groupe suisse Glencore et Eurasian Resources Group. Interrogés par Reuters, ces opérateurs n’ont pas souhaité commenter ou n’ont pas répondu dans l’immédiat.

Pour Isabel Ramirez, consultante en chaîne d’approvisionnement citée par l’agence, les mineurs tentent d’optimiser leurs stocks restants. « Le risque de pénurie est accru », prévient-elle, précisant que les délais de livraison ont doublé, passant de trois à six mois.

Hausse des coûts et méfiance accrue

Cette instabilité pèse lourdement sur les coûts d’exploitation. Selon Peter Harrisson, analyste chez CRU, les primes pour les produits chimiques transitant par le port de Dar es Salaam ont presque doublé. Face à ce climat de méfiance, les acheteurs multiplient les protocoles de vérification, allant jusqu’à envoyer des émissaires dans les entrepôts pour confirmer physiquement la présence des stocks.

Cette nouvelle crise s’ajoute aux quotas d’exportation déjà imposés par Kinshasa, complexifiant davantage une chaîne d’approvisionnement mondiale déjà fragile. Si les perturbations persistent, c’est l’ensemble du calendrier de la révolution verte automobile qui pourrait subir un coup d’arrêt.