Congo : L’offre de crédit bancaire bondit de 47 % malgré un volume de dossiers en recul

Si le nombre de dossiers approuvés diminue, les montants injectés dans l’économie connaissent une progression spectaculaire, portée par une offensive stratégique vers les PME et les particuliers.

Au cours du premier trimestre 2025, les banques congolaise sont accordé 12 339 nouveaux crédits. Selon les dernières données de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), ce chiffre marque un repli de 14,06% par rapport à l’année précédente (14 357 crédits). Pourtant, cette baisse du nombre de bénéficiaires cache une réalité financière inverse : la valeur globale des crédits a bondi, passant de 180,8 milliards à 265,9 milliards FCFA en un an, soit une hausse de 47 %. En variation trimestrielle, l’offre de crédit progresse également de 24,43 % par rapport aux 213,7 milliards enregistrés fin 2024.

Le marché reste dominé par la BSCA, qui consolide sa position de leader avec 39,36 % de parts de marché. Elle est suivie par la CDCO (11,86 %) et la BGFIBANK (11,11 %). L’analyse par segment révèle une mutation profonde. Les entreprises captent la part du lion avec 158,7 milliards FCFA (59,71 % de l’enveloppe). C’est la surprise de ce trimestre. Les crédits aux Petites et Moyennes Entreprises ont quasiment triplé en trois mois, atteignant 91,8 milliards FCFA, contre seulement 32,6 milliards au trimestre précédent. À l’inverse, le segment des Grandes entreprises (GE) enregistre un net recul de 26,9 % en rythme annuel, s’établissant à 67 milliards FCFA.

Les particuliers et le secteur public en embuscade

Le segment des particuliers affiche la croissance la plus fulgurante : l’enveloppe qui leur est allouée a été quadruplée en un an, grimpant de 24,6 milliards à 80,6 milliards FCFA. Cette tendance traduit une volonté des banques de diversifier leurs risques en ciblant davantage la consommation des ménages.

Enfin, les administrations publiques et collectivités locales ont capté 23,3 milliards FCFA (8,78 % du total), un montant en hausse sur un an, mais en net retrait par rapport aux43,8 milliards du quatrième trimestre 2024. Cette conjoncture souligne une sélectivité accrue des banques congolaises qui, tout en traitant moins de dossiers, s’engagent sur des montants plus significatifs, notamment en faveur des PME, moteur essentiel de la diversification économique souhaitée par les autorités.