bois

Congo : Les recettes du bois scié chutent à 51 milliards de FCFA au premier trimestre

Les activités d’exportation du bois brut et du bois scié ont affiché un ralentissement au cours des trois premiers mois de l’année.

La filièreforestière congolaise traverse une période de turbulences. Au premier trimestre2026, la valeur globale des exportations de bois s’est contractée de 5,6 %,s’établissant à 63,5 milliards de FCFA. Cette baisse est principalement portéepar le segment du bois scié, dont les recettes ont reculé de 10,1 % pour chuterà 50,9 milliards de FCFA, tandis que le bois brut a généré 7 milliards de FCFA(-8,6 %).

L’activité enamont affiche un net ralentissement. Entre janvier et mars 2026, la productionde bois en grume s’est établie à 258 554 mètres cubes contre 262 156 mètrescubes un an plus tôt. En parallèle, le volume des exportations de grumes apoursuivi sa tendance baissière, enregistrant un recul de 12,2 % pour atteindre68 578 mètres cubes. Cette dynamiquebaissière n’est pas fortuite : elle découle directement de l’application desmesures gouvernementales visant à interdire l’exportation des grumes à l’étatbrut. L’objectif de Brazzaville demeure le renforcement de la transformationlocale afin de maximiser la création de valeur ajoutée au sein de l’économienationale.

Les effortsd’industrialisation commencent à porter leurs fruits. Au premier trimestre2026, la production des industries de transformation du bois a progressé de 2,9% en glissement annuel. Cette croissance est tirée par le segment des placagesdéroulés, dont le volume a presque doublé (+98,6 %), passant de 2 711 à 5 383mètres cubes.

Pourtant, cette hausse de la production industrielle ne s’est pas traduite sur les marchés extérieurs. Les volumes de bois transformés exportés ont globalement fléchi de7,3 %. Ce paradoxe s’explique par de lourdes contraintes logistiques : les fortes pluies ont détérioré le réseau routier, ralentissant l’acheminement des produits. À cela se sont ajoutées des perturbations récurrentes dans l’approvisionnement en carburant et des variations réglementaires du Volume Maximum d’Abattage (VMA).

Sur le front desprix internationaux, les tendances sont divergentes. Les cours du bois en grumese sont effrités de 2,8 %, s’affichant à 189,8 dollars US le mètre cube contre195,3 dollars US au premier trimestre 2025. À l’inverse, les bois débités (transformés)ont vu leurs cours renchérir au cours de la période sous revue, confirmant lapertinence stratégique pour le Congo de miser, à terme, sur des produits finiset semi-finis plus résilients.