Congo : Le solde budgétaire bascule dans le rouge après l’effondrement des recettes pétrolières

Après plusieurs trimestres de résilience, les finances publiques de la République du Congo ont cédé sous la pression de la conjoncture pétrolière. Au quatrième trimestre 2025, le solde budgétaire a enregistré un déficit de 54 milliards FCFA, marquant une rupture brutale avec les excédents passés.

L’embellie budgétaire du Congo appartient désormais au passé. Alors que le pays affichait un excédent confortable de 109,2 milliards FCFA un an plus tôt (4e trimestre 2024), la situation s’est radicalement inversée. Le solde budgétaire global — indicateur de la santé financière de l’État — s’est établi à -53,8 milliards FCFA à la clôture de l’année 2025, selon la note de conjoncture du ministre de l’Economie du Congo.

Ce fléchissement, noté par le ministère de l’Économie, résulte d’un effet de ciseau : une chute vertigineuse des revenus pétroliers que la réduction des dépenses de fonctionnement n’a pas suffi à compenser. Même si l’État a réduit ses dépenses totales de 12,8 % pour les ramener à 509,2 milliards FCFA, le manque à gagner coté recettes a été trop lourd.

Le secteur pétrolier, moteur historique de l’économie congolaise, traverse une zone de fortes turbulences. En un an, les recettes issues de l’or noir ont fondu de 52,9 %, tombant à 189,7 milliards FCFA contre plus de 402 milliards fin 2024.

Cette contreperformance est le résultat d’un « triple choc » identifié par les autorités : le baril de brut a perdu 15,3 % de sa valeur en dollars. Une dépréciation de 8,3 % du dollar par rapport au FCFA et une chute de 15,8 % de la valeur des exportations.

Conséquence directe : la dépendance budgétaire au pétrole s’effrite par la force des choses. Alors que le secteur pesait pour près de 60 % des recettes globales fin 2024, sa contribution est tombée à 41,7 % au dernier trimestre 2025.

Pour combler ce fossé budgétaire, Brazzaville s’est tourné vers les marchés financiers et l’endettement. Si le ministère de l’Économie reste discret sur sa stratégie globale de financement, les chiffres de la Caisse congolaise d’amortissement (CCA) sont éloquents.

Durant ce seul quatrième trimestre 2025, les décaissements liés aux emprunts publics ont culminé à 1 191,72 milliards FCFA. Parallèlement, le pays a réussi à mobiliser 930 millions USD sur les marchés internationaux. Ces levées de fonds massives soulignent l’urgence de maintenir la solvabilité de l’État face à des revenus naturels de plus en plus volatils.