Exportation

Commerce extérieur : La baisse des commandes des gros clients pèse sur les exportations gabonaises

Au premier trimestre 2026, les exportations progressent de 4,7% sur trois mois mais restent en recul de 15,8% sur un an, tandis que les importations se contractent sous l’effet conjugué d’une demande plus prudente et de prix à l’achat en forte baisse.

Le commerce extérieur a traversé un premier trimestre 2026 contrasté. Si la valeur des exportations progresse de 4,7% par rapport au trimestre précédent, elle reste en net recul sur un an, à -15,8%, signe d’une conjoncture internationale toujours hésitante et d’un ralentissement persistant des commandes.

A titre d’illustration, les exportations en valeur du Gabon ont connu une chute de 34,5%, expliquée par « la contraction des commandes de ses plus gros clients (-11,8%), notamment la Chine (-13,2%), l’Inde (-31,3%), le Brésil (-55,4%) et la France (-85,5%) ». Selon la note de conjoncture sectorielle du ministère des Finances, cette évolution résulte de la baisse des ventes du pétrole brut (-37,5%), de l’or sous forme brut (-75,0%), de l’huile de palme (-92,3%), ainsi que des poissons et produits de la pêche, suite aux tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran qui occasionne le blocage du détroit d’Ormuz.

Ce rebond trimestriel tient à la vigueur de quelques filières. 

Le chapitre « Minerais, scories et cendres » s’envole de 150,1%, porté par une forte demande en minerai de manganèse de type RSD. La filière « Bois, charbons de bois et ouvrages en bois » progresse de 27,6%, grâce aux expéditions de feuilles de placage et de contreplaqués, tandis que la section « Fonte, fer et acier » affiche elle aussi de bonnes performances.

Les prix ont également joué en faveur des exportateurs sur la période : l’indice des prix à l’exportation gagne 5,9% en trois mois, tiré par la flambée des cours du bois (+34,9%) et des métaux communs (+5,8%). Mais l’embellie s’arrête là. Sur un an, ces mêmes prix chutent de 15,4%, une baisse qui traduit une nette dégradation des termes de l’échange par rapport au début 2025.

Côté importations, c’est la sobriété qui domine. L’indice global recule de 5,9% sur le trimestre et de 5,2% sur un an, tiré vers le bas par un net repli des achats de produits essentiels : céréales (-21,6%), produits pharmaceutiques (-18,9%) et caoutchouc (-35,4%). Les importations de poissons et crustacés, elles, ont purement et simplement cessé (-100%).

Autre bonne nouvelle pour la facture extérieure : les prix à l’importation se sont effondrés, reculant de 30,3% sur le trimestre et de 5,0% sur un an. De quoi offrir un répit bienvenu sur le coût d’acquisition des biens étrangers.