Cobalt : face aux restrictions de la RDC, Glencore puise dans les stocks chinois pour honorer ses contrats
- Le corporate
- 17 mars 2026
- Editorial
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Selon une enquête Reuters, le groupe suisse se tourne désormais vers les bourses de commerce chinoises pour satisfaire ses clients.
Le leader mondial des matières premières, Glencore, « a retiré d’importants stocks de cobalt de la bourse de Wuxi en Chine afin de respecter ses engagements envers les fabricants de batteries de véhicules électriques dans le pays, en raison d’une offre limitée de ce matériau, ont déclaré deux sources proches du dossier ».
Cette manœuvre intervient alors que les stocks à Wuxi ont fondu de plus de moitié depuis la fin janvier 2026,tombant à environ 3 934 tonnes. Glencore, qui a refusé de commenter ces informations, aurait absorbé la majeure partie de ce volume pour pallier l’insuffisance de ses propres réserves logistiques en Malaisie.
Le poids des quotas congolais
La racine de cette pénurie se trouve en RDC, pays qui concentre 72 % de la production mondiale. Pour contrer l’effondrement des prix, Kinshasa avait suspendu ses exportations en février2025, avant d’instaurer des quotas stricts en octobre dernier, valables jusqu’en 2027. Cette stratégie de limitation de l’offre a radicalement transformé le marché. Bien que Glencore ait produit 33500 tonnes de cobalt au Congo l’année dernière, ses prévisions d’exportation pour 2026 sont limitées à 22 800 tonnes par le système de quotas. Le surplus- produit est actuellement immobilisé en RDC, en attente d’opportunités de vente futures.
Une flambée historique des prix
Les conséquences sur le marché mondial sont spectaculaires. En un an, le prix du cobalt métallique a bondi de 160%, atteignant 57 320 $ la tonne (soit 26 $/lb). Plus révélateur encore : le taux de « payabilité » de l’hydroxyde de cobalt (le pourcentage du prix du métal raffiné reversé au producteur) a atteint le niveau record de 100 %,contre seulement 55 % en janvier 2025. Cette situation inédite reflète une lutte féroce pour l’approvisionnement, où les acheteurs sont prêts à payer le prix fort pour sécuriser les composants essentiels à la transition énergétique.



