CEMAC : la COBAC relève de 150 % à 25 milliards FCFA, le capital minimum des banques

Selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), les banques incapables d’atteindre le seuil immédiatement devront soumettre un plan de relèvement avant le 30 juin 2026.

La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) vient de franchir une étape décisive dans la consolidation du système financier régional. En effet, réuni en session extraordinaire le 10 décembre 2025 à Libreville au Gabon, le régulateur a adopté le règlement COBAC R-2025/02, qui porte le capital social minimum des banques de 10 à 25 milliards FCFA, soit une augmentation de 150%. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026, s’accompagne d’un relèvement pour les établissements financiers, dont le capital passera de 1 à 4 milliards FCFA soit une hausse de 300%.

Ainsi, dès le 1er janvier 2026, toute nouvelle banque devra justifier d’un capital libéré d’au moins 25 milliards FCFA. Pour les établissements déjà en activité, la COBAC a prévu une période transitoire de quatre ans afin de faciliter cette recapitalisation. Les banques incapables d’atteindre le seuil immédiatement devront soumettre un plan de relèvement avant le 30 juin 2026, respectant les paliers suivants : fin 2026 (14 milliards FCFA), fin 2027 (18 milliards FCFA), fin 2028 (22 milliards FCFA) et au 31 décembre 2029 ; 25 milliards FCFA (seuil final).

Les banques conserveront la liberté de choisir leurs modalités de recapitalisation : apports en numéraire, incorporation de réserves ou de bénéfices, et même le recours à l’emprunt. A noter que cette réforme s’aligne au plan stratégique « OWALI 2025-2029 » de la COBAC, visant à accroître la stabilité et la résilience du système bancaire. L’urgence est réelle : au 31 décembre 2024, dix des 56 banques agréées dans la zone CEMAC affichaient un ratio de couverture des risques inférieur au minimum réglementaire de 10,5 %, avec un déficit global en fonds propres estimé à 247,3 milliards FCFA. De plus, 14 établissements étaient déjà en infraction vis-à-vis des anciennes règles de capital minimum.

Avec cette décision, la CEMAC emboîte le pas à d’autres régulateurs du continent. À titre de comparaison, l’UEMOA a récemment doublé son exigence (de 10 à 20 milliards FCFA), tandis que le Nigeria et le Kenya ont opté pour des multiplications par dix de leurs seuils respectifs. Cette dynamique continentale vise à créer des institutions bancaires plus solides, capables de supporter des chocs économiques majeurs et de mieux financer les économies locales.

En portant son exigence à 25 milliards FCFA, la CEMAC affiche une ambition supérieure à celle de l’UEMOA, signalant sa détermination à transformer ses établissements financiers en institutions robustes, capables de faire face aux chocs extérieurs et de regagner la confiance des bailleurs de fonds internationaux.