CEMAC : La BEAC rejoint officiellement le système panafricain de paiement PAPSS
- Le corporate
- 9 juillet 2026
- Editorial
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La Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac) a signé son accord d’intégration au Pan-African Payment and Settlement System, l’infrastructure panafricaine de règlement transfrontalier. Cette adhésion ouvre la voie aux banques commerciales et institutions financières du Cameroun, de la RCA, du Tchad, du Congo, de la Guinée Equatoriale et du Gabon pour rejoindre un réseau qui couvre désormais 28 pays et plus de 190 banques et fintechs africaines.
Le 1er juin 2026 à Yaoundé, lors du lancement institutionnel du Pro Meet Up 5, le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu III, avait confirmé que le processus d’intégration de la BEAC était en cours, une orientation déjà engagée par l’institut d’émission de la CEMAC, sans que la signature définitive de la convention d’adhésion n’ait alors été actée publiquement. Cette annonce faite à Yaoundé s’inscrivait dans une dynamique déjà entamée, à un stade où la BEAC poursuivait ses discussions avec le PAPSS. La publication de l’adhésion, désormais confirmée, marque donc l’aboutissement de ce processus plutôt que son point de départ.
Le mécanisme vise à répondre à une contrainte concrète du commerce sous-régional. En effet, une entreprise camerounaise réglant un fournisseur gabonais doit aujourd’hui convertir ses francs CFA en devises tierces, généralement le dollar ou l’euro, avant que les fonds ne reviennent sur le continent sous une autre monnaie. Ce détour par les correspondants bancaires étrangers (qui ont longtemps traité une large part des paiements interbancaires africains) génère des frais de change et des délais de plusieurs jours. Le PAPSS permet des règlements directs en monnaies locales, à moindre coût et en temps quasi réel, réduisant l’exposition des économies de la zone aux fluctuations des devises de réserve.
Le raccordement effectif des acteurs financiers de la CEMAC ne sera pas immédiat. Le PAPSS a annoncé des ateliers d’intégration technique avec les banques commerciales de la zone, avec un accompagnement financier pour accélérer leur connexion. Le calendrier suit une séquence progressive : les banques rejoignent d’abord le réseau, avant de parrainer les fintechs candidates, sous réserve d’une lettre de non-objection délivrée par la banque centrale. Le déploiement s’étendra ensuite aux agences, puis aux canaux mobiles et bancaires en ligne.
Pour le Cameroun, dont le déficit commercial dépassait 2 000 milliards de FCFA en 2023, cette connexion est présentée comme un levier de compétitivité pour les échanges sous-régionaux. Elle s’inscrit plus largement dans la stratégie de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont le PAPSS constitue l’un des piliers opérationnels. Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, avait déjà évoqué cette adhésion à venir en mars 2026, lors d’un sommet sur l’interopérabilité des paiements à Kigali, la présentant comme un complément aux mécanismes régionaux existants tels que GIMAC Pay.
L’adhésion de la BEAC porte à plusieurs dizaines le nombre de banques centrales africaines connectées au PAPSS, dans un mouvement d’expansion continue du réseau, après notamment l’entrée du Maroc et de l’Algérie en 2025.


