CEMAC : la BEAC anticipe un ralentissement de la croissance à 2,9 % en 2026
- Le corporate
- 9 avril 2026
- Editorial
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Le Comité de Politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a tenu, le 2 avril 2026 à Yaoundé, sa première session ordinaire de l’année. Sous la présidence du Gouverneur Yvon Sana Bangui, cette réunion a permis de dresser un état des lieux des perspectives macroéconomiques de la zone CEMAC pour l’exercice en cours.
Selon les prévisions actualisées en février 2026, la sous-région devrait connaître un ralentissement de son activité. La croissance économique est projetée à 2,9 %, marquant un repli par rapport aux 3,5 % enregistrés en 2025. Malgré cette baisse de régime, le cadre macroéconomique affiche des signes de résilience. Les pressions inflationnistes devraient rester maîtrisées à 2,3 %, demeurant ainsi sous le seuil communautaire de 3 %.
Sur le plan budgétaire, une amélioration notable est attendue : le déficit (hors dons) devrait se réduire significativement, passant de 4,8 % du PIB en 2025 à 2,2 % en 2026. Toutefois, le solde extérieur reste sous pression avec un déficit du compte courant projeté à 5,2 % du PIB.
Le secteur monétaire montre des indicateurs de solidité encourageants. La masse monétaire devrait progresser de 11,1 %, tandis que les réserves de change se consolideraient pour atteindre 4,52 mois d’importations. Parallèlement, le taux de couverture extérieure de la monnaie se renforce, grimpant de 64,9 % à 68,0 %.
Le statu quo des taux directeurs
Face à cette conjoncture mixte, le CPM a opté pour la prudence en maintenant ses instruments de politique monétaire inchangés. L’objectif est de stabiliser l’économie tout en surveillant l’évolution des prix. Les taux se fixent comme suit : Taux d’Intérêt des Appels d’Offres (TIAO) maintenu à 4,75 %, la facilité de prêt marginal (6,25 %), la Facilité de dépôt (0,00 %) et les réserves obligatoires (7,00 % sur les exigibilités à vue et 4,50 % sur les exigibilités à terme. Ce statu quo traduit la volonté de la Banque Centrale de soutenir la liquidité bancaire sans alimenter l’inflation, dans un contexte de croissance fragile mais stable.



