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	<title>GABON INFINI PFP Archives - Le Corporate</title>
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	<description>Créée en Janvier 2023, Le Corporate est une plateforme numérique d&#039;information sur les entreprises en général et Gabonaises en particulier.</description>
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	<title>GABON INFINI PFP Archives - Le Corporate</title>
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		<title>IMPACT RÉEL OU STRATÉGIE D&#8217;IMAGE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le corporate]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 12:46:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[GABON INFINI PFP]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Bezos Earth Fund s'est engagé en 2020 sur 10 milliards de dollars dédiés au climat et à la nature d'ici 2030.]]></description>
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<p><strong>Bezos Earth Fund et Gabon Infini : Les deux faces d&rsquo;un engagement climatique sous surveillance</strong></p>



<p><strong>Le Bezos Earth Fund s&rsquo;est engagé en 2020 sur 10 milliards de dollars dédiés au climat et à la nature d&rsquo;ici 2030. La contribution au programme Gabon Infini s&rsquo;inscrit dans ce cadre. Mais la trajectoire récente de la fondation brouille la lecture de ses intentions.</strong></p>



<p>Du côté d&rsquo;Amazon, les données sont sans ambiguïté. Les émissions totales de l&rsquo;entreprise ont atteint 68,25 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2024, en hausse de 6 % par rapport à l&rsquo;année précédente et de 33 % depuis 2019, année du lancement de son engagement net-zéro. Les émissions directes de l&rsquo;entreprise ont progressé de 162 % depuis 2019, en contradiction frontale avec son engagement de réduire ses émissions de transport de 50 %.</p>



<p>La gouvernance du Bezos Earth Fund soulève des interrogations distinctes. En 2024, peu après qu&rsquo;Amazon ait été retiré de la liste des entreprises validées par la SBTi pour non-respect de ses objectifs de réduction, le fonds a cessé de soutenir l&rsquo;organisation. Cette séquence a été abondamment documentée. Le fonds avait joué un rôle central dans une tentative d&rsquo;amener la SBTi à accepter les crédits carbones comme moyen pour les entreprises d&rsquo;atteindre leurs objectifs net-zéro. La SBTi n&rsquo;a pas cédé.</p>



<p>Des articles publiés par Bloomberg News et The Guardian en 2024 ont décrit des pressions exercées par le Bezos Earth Fund sur la SBTi pour assouplir ses standards carbones. Le fonds a démenti toute implication dans ces décisions.</p>



<p>En juillet 2025, Bezos a nommé à la tête du fonds un ancien cadre supérieur d&rsquo;Amazon, sans expérience préalable dans la philanthropie ou les questions environnementales. Ce choix a renforcé les interrogations sur l&rsquo;alignement entre les objectifs affichés du fonds et les intérêts commerciaux d&rsquo;Amazon.</p>



<p>Les défenseurs du programme Gabon Infini font valoir que le modèle PFP lui-même protège contre l&rsquo;instrumentalisation : les décaissements sont liés à des réformes légales et à des indicateurs de biodiversité vérifiables, indépendamment des agendas des bailleurs. Le Gabon se distingue par une intégrité forestière élevée, des taux de déforestation faibles et des écosystèmes largement intacts, des atouts qui précèdent le programme et lui confèrent une base de réalité.</p>



<p>La question que posent les ONG reste ouverte : un investissement de conservation territorialement fondé peut-il être dissocié d&rsquo;une stratégie plus large visant à façonner les règles mondiales du marché carbone au profit des grandes entreprises émettrices ? Gabon Infini ne répond pas à cette question. Il en constitue, selon les angles de lecture, soit la démonstration de la complémentarité possible entre philanthropie et conservation, soit l&rsquo;illustration de ses limites.</p>



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		<title>CONSERVATION ET ÉCONOMIE RURALE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le corporate]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 12:45:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[GABON INFINI PFP]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Gabon abrite plus de la moitié des éléphants de forêt d'Afrique encore en vie, ainsi qu'un quart des gorilles des plaines de l'Ouest.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Éléphants de forêt et communautés rurales : Les arbitrages du Gabon face à l&rsquo;objectif des 30 %</strong></p>



<p><strong>Le Gabon abrite plus de la moitié des éléphants de forêt d&rsquo;Afrique encore en vie, ainsi qu&rsquo;un quart des gorilles des plaines de l&rsquo;Ouest. Gabon Infini entend porter la couverture des aires protégées de 15 % à 30 % du territoire national, ce qui représente la protection de plus de 24 000 km² de forêts, 8 000 km² d&rsquo;océan et 4 800 km de cours d&rsquo;eau.</strong></p>



<p>Le Gabon se dresse aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;ultime sanctuaire de la biodiversité d&rsquo;Afrique centrale, abritant plus de la moitié de la population mondiale des éléphants de forêt et un quart des gorilles des plaines de l&rsquo;Ouest. Fort de ce patrimoine unique, le programme Gabon Infini ambitionne de doubler la superficie des sanctuaires naturels du pays, faisant passer la couverture des aires protégées de 15 % à 30 % du territoire national. Ce déploiement colossal représente la sanctuarisation de 24 000 km² de forêts primaires, 8 000 km² d&rsquo;espaces maritimes et 4 800 km de cours d&rsquo;eau, positionnant le pays en leader continental de la « High Ambition Coalition ».</p>



<p>Toutefois, cette extension cartographique ne va pas sans heurts. Elle cristallise une tension structurelle entre les impératifs de conservation et le quotidien des populations rurales. Les éléphants de forêt, dont les routes migratoires ancestrales recoupent désormais les zones agricoles anthropisées, provoquent des ravages documentés par le ministère en charge des Conflits Homme-Faune (CHF). Pour les agriculteurs de l&rsquo;Ogooué-Ivindo ou de la Nyanga, la protection de l&rsquo;éléphant est parfois perçue comme une menace pour la sécurité alimentaire.</p>



<p>Pour désamorcer cette crise, Gabon Infini intègre des mécanismes d&rsquo;atténuation sophistiqués : création de corridors écologiques sécurisés, déploiement de clôtures électriques et instauration de systèmes d&rsquo;indemnisation plus réactifs. L&rsquo;objectif social est d&rsquo;améliorer les conditions de vie de 100 000 personnes en les intégrant directement à la gouvernance des parcs. L’écotourisme est ici présenté comme le « new deal » économique, une alternative durable à l&rsquo;exploitation forestière intensive et aux activités extractives, capable de générer des emplois locaux non délocalisables.</p>



<p>Sur le plan climatique, l&rsquo;enjeu est planétaire. L’amélioration de la gestion forestière induite par le programme devrait permettre une mitigation carbone estimée à 30 millions de tonnes équivalent CO₂ par an. Ce chiffre n&rsquo;est pas qu&rsquo;écologique ; il est le pivot de l&rsquo;équation financière. La viabilité à long terme de Gabon Infini repose sur la capacité du pays à transformer ces absorptions de carbone en crédits de haute intégrité, vendables sur les marchés internationaux pour alimenter les caisses de l&rsquo;État.</p>



<p>Cependant, un paradoxe subsiste : le Gabon demeure une économie pétrolière tributaire de l&rsquo;extraction, qui génère encore 60 % de ses revenus d&rsquo;exportation et 63 % de ses émissions nationales de CO₂. Si Gabon Infini finance la conservation « en parallèle », il ne résout pas la dépendance structurelle aux énergies fossiles. Le modèle économique national reste donc hybride, oscillant entre extraction carbonée et préservation de la biosphère.</p>



<p>Enfin, l’interrogation majeure concerne l’après-programme. Le modèle Project Finance for Permanence (PFP) lie les décaissements à des jalons de performance sur dix ans, mais le « on-off » du financement pose la question de la pérennité. Une fois les fonds internationaux épuisés, les parcs créés devront impérativement avoir atteint une autonomie financière via les redevances touristiques et la vente de services écosystémiques. Le défi pour Libreville est donc de transformer cette décennie sous perfusion financière en une rampe de lancement pour une économie verte véritablement souveraine.</p>



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		<title>LE MÉCANISME FINANCIER</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le corporate]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 12:42:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[GABON INFINI PFP]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 18 novembre 2025, en marge de la COP30 à Belém, le gouvernement gabonais et The Nature Conservancy (TNC)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Gabon Infini PFP : Un montage de 200 millions de dollars entre dette, conditionnalité et philanthropie</strong></p>



<p><strong>Le 18 novembre 2025, en marge de la COP30 à Belém, le gouvernement gabonais et The Nature Conservancy (TNC) ont signé une lettre d&rsquo;intention formalisant le lancement de Gabon Infini. Le plan combine 94 millions de dollars de financements de donateurs avec en tête, Global Environment Facility et Bezos Earth Fund. Sur une décennie, les fonds publics gabonais vont contribuer à hauteur de 86 millions de dollars.</strong></p>



<p>Le 18 novembre 2025, en marge de la COP30 organisée à Belém, le Gabon a réaffirmé son rôle de pionnier de la finance verte en Afrique centrale. Le gouvernement gabonais et l&rsquo;organisation <em>The Nature Conservancy</em> (TNC) y ont formalisé, par une lettre d&rsquo;intention, le lancement de Gabon Infini. Ce programme ambitieux a mobilisé un tour de table de 200 millions de dollars, articulé autour d&rsquo;une architecture financière hybride : 94 millions de dollars proviennent de donateurs internationaux, portés par le <em>Global Environment Facility</em> (GEF) et le <em>Bezos Earth Fund</em>, tandis que l&rsquo;État gabonais s&rsquo;engage à contribuer à hauteur de 86 millions de dollars sur une décennie.</p>



<p>Au cœur de ce dispositif se trouve le modèle juridique du Project Finance for Permanence (PFP). Contrairement aux mécanismes d&rsquo;aide au développement traditionnels, le PFP emprunte les codes de la finance de projet privée pour garantir la pérennité des résultats. Ici, le capital est logé dans un fonds d&rsquo;affectation dont les décaissements sont strictement indexés sur l&rsquo;atteinte de jalons précis de conservation et de gouvernance. Cette conditionnalité transforme l&rsquo;appui financier en un contrat de performance : les fonds ne sont libérés que si des réformes de politiques publiques sont actées et si des résultats écologiques mesurables sont constatés sur le terrain.</p>



<p>Cette initiative s&rsquo;inscrit dans le sillage du retentissant <em>swap</em> dette-nature de 500 millions de dollars conclu en 2023, le premier du genre en Afrique continentale. Toutefois, Gabon Infini marque une évolution doctrinale majeure. Si le montage de 2023 visait à racheter de la dette existante pour la convertir en investissements écologiques, le dispositif de 2025 ne repose pas sur une conversion de créances. En s&rsquo;appuyant sur un fonds d&rsquo;affectation alimenté par trois sources distinctes — dons philanthropiques privés, fonds multilatéraux et autofinancement souverain — il permet, en théorie, de financer la protection de la biodiversité sans alourdir le stock de la dette publique. Cette distinction est cruciale dans un contexte de surveillance accrue par les marchés financiers. La crédibilité du dossier a d&rsquo;ailleurs été consolidée dès la COP16 de Cali en 2024, grâce au soutien de la France via un « Country Package » de 60 millions de dollars associant le PNUD et l&rsquo;initiative BIOFIN.</p>



<p>Pourtant, cette stratégie se heurte à une réalité macroéconomique complexe. Les agences de notation scrutent avec inquiétude la trajectoire budgétaire du pays, où le ratio dette/PIB pourrait flirter avec les 90 % suite à un projet de budget 2026 prévoyant un quasi-doublement des dépenses publiques. Dans ce paysage de tensions, la rigidité du modèle PFP est à double tranchant : elle offre une garantie de transparence aux investisseurs, mais expose le gouvernement à un risque de liquidité si les réformes structurelles subissent des retards politiques. En dépit de ces défis, le Gabon n&rsquo;est plus seul dans cette voie. Le Brésil, avec son pacte pour l&rsquo;Amazonie, ainsi que le Kenya et la Namibie, emboîtent le pas. Gabon Infini s&rsquo;impose ainsi comme un laboratoire mondial, testant la capacité des nations forestières à transformer leur capital naturel en levier de résilience financière sans compromettre leur souveraineté budgétaire.</p>



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