Cameroun : les recettes fiscales bondissent de 81,5 % en dix ans
- Le corporate
- 7 juillet 2026
- Editorial
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En l’espace d’une décennie, la Direction générale des impôts (DGI) du Cameroun a renforcé sa force de frappe financière, selon le Débat d’orientation budgétaire soutenu au Parlement par le ministre des Finances Louis Paul Motaze.
Les recettes fiscales internes non pétrolières sont passées de 1 615,6 milliards FCFA en 2016 à 2 933 milliards FCFA en 2025, soit un bond spectaculaire de 81,5 %. Cette performance se traduit par un taux de croissance annuel moyen de 7,1 %, qui surperforme la progression moyenne du PIB nominal non pétrolier national, établie à 6,2 % sur la même période.
Aujourd’hui, la fiscalité interne s’impose comme le cœur battant du financement public au Cameroun. En 2025, ces prélèvements ont représenté à eux seuls 58,6 % des recettes internes de l’État, mobilisant 2 933 milliards FCFA sur un total de 5 008,2 milliards FCFA. Malgré cette nette progression, la pression fiscale globale reste modérée et perfectible. Le ratio des recettes internes non pétrolières par rapport au PIB nominal n’a évolué que de 8,1 % en 2016 à 8,6 % en 2025, après avoir enregistré un pic à 9,0 % en 2024.
L’analyse de la structure fiscale camerounaise révèle une forte dépendance vis-à-vis des taxes sur la consommation, qui captent 52 % des recettes globales. La TVA y joue un rôle prépondérant (33,9 %), complétée par les droits d’accises (10,8 %). Cette configuration expose toutefois l’État aux fluctuations de la consommation des ménages, à l’inflation et aux perturbations de la chaîne logistique. À l’inverse, les impôts sur les revenus et les bénéfices (portés par l’impôt sur les sociétés à 19,3 % et l’IRPP à 16,1 %) représentent 39 % des encaissements, tandis que les impôts sur le patrimoine et les transactions ne pèsent que pour un faible 9 %.
Pour corriger ces déséquilibres, élargir l’assiette fiscale et capter de nouvelles niches de croissance, le gouvernement a franchi un cap décisif en modernisant sa législation. En 2026, Yaoundé a ainsi acté l’introduction d’une taxe environnementale, la taxation des géants du numérique non-résidents, ainsi qu’une retenue forfaitaire sur certaines dépenses publiques. En plus, l’administration fiscale accélère sa transformation digitale à travers le déploiement de la facturation électronique et de la taxation en temps réel, tandis que d’autres réformes stratégiques demeurent en cours de maturation.


