FMI

Cameroun : le gouvernement compte sur un nouveau programme avec le FMI pour capter 300 milliards FCFA

Dans la perspective de redressement de ses finances publique, Yaoundé veut conclure un nouvel accord avec le FMI.

La Stratégie nationale de développement (SND30) du Cameroun cible 40 % du budget de l’État pour le Budget d’investissement public (BIP) chaque année. Or, depuis 2020, le BIP n’a jamais franchi la barre des 30 % du budget. Pour la couverture de ses besoins de financement, évalués à 3 161,5 milliards FCFA en 2027, le Gouvernement envisage de recourir aux tirages extérieurs sur prêts-projets à hauteur de 866,7 milliards, et aux appuis budgétaires de 300 milliards FCFA (en cas de signature d’un nouveau PEF avec le FMI). Le Cameroun mise d’autant plus sur le FMI que le pays cible un déficit du solde primaire non pétrolier projeté progressivement à la baisse, passant de 2,5 % du PIB en 2026 à 2,2 % en 2027, 1,7 % en 2028 et 1,1 % du PIB en 2029. Or, l’atteinte de ces objectifs nécessite des efforts accrus du Gouvernement à la fois en termes de mobilisation des recettes internes non pétrolières et de rationalisation des dépenses publiques, d’où le recours au FMI.

Le Document de programmation économique et budgétaire vient confirmer une position déjà défendue en octobre dernier par Louis Paul Motaze en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Pour mémoire, le Cameroun a mené jusqu’ici deux Programmes Économiques et Financiers (PEF) consécutifs, qui lui ont permis de mobiliser 2 600 milliards FCFA en appuis budgétaires auprès de ses partenaires multilatéraux et bilatéraux, notamment le FMI, la Banque mondiale, la BAD et la France.

Le premier (2017-2020), adossé à la Facilité élargie de crédit (FEC) et au Mécanisme élargi de crédit (MEDC), fut prorogé jusqu’en septembre 2020 en raison de la COVID-19. Le second, signé en juillet 2021 pour 837,1 millions de dollars (environ 500 milliards FCFA), a été complété en janvier 2024 par une Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) de 183,4 millions de dollars. Si le gouvernement revendique la réalisation de la quasi-totalité des 41 repères structurels en conformité avec la SND30.