Cameroun : les États-Unis portent les projets de 327,4 milliards FCFA dans les minéraux critiques

Cameroun : Le cabinet américain Epstein and Sons International projette 230 millions de dollars pour des salles de spectacle à Yaoundé, Douala et Bamenda

L’initiative figure parmi les projets culturels les plus importants présentés dans le cadre du rapprochement économique entre Yaoundé et Washington. Ses modalités de réalisation restent toutefois à préciser.

Un projet culturel de 230 millions de dollars destiné à construire des salles de spectacle modernes à Yaoundé, Douala et Bamenda a été annoncé le 27 août par l’ambassade américaine. Il est porté par A. Epstein and Sons International, le même cabinet d’architecture de Chicago engagé, avec son partenaire financier Integrated Trade Finance, sur le projet d’aéroport de Douala à 2 milliards de dollars. Aucune source indépendante n’évoquait jusqu’ici ce projet précis. Les rares reprises de la presse camerounaise se limitent à paraphraser, parfois avec des erreurs, le communiqué original.

Le projet répond à un déficit réel et documenté de longue date. Le Cameroun comptait près d’une centaine de salles de cinéma dans les années 1970 et 1980, principalement à Douala et Yaoundé. La filière s’est effondrée à partir de la fin des années 1980, jusqu’à la fermeture des trois dernières salles en 2009. Nombre de ces établissements, l’Abbia, le Capitole ou le Wouri, ont depuis été reconvertis en églises, entrepôts ou commerces. Il a fallu attendre juin 2016 et l’ouverture du réseau Canal Olympia, porté par le groupe français Bolloré, pour voir réapparaître une offre de projection moderne, toujours concentrée sur les deux métropoles et un public restreint. Bamenda, chef-lieu du Nord-Ouest anglophone en proie à la crise sécuritaire depuis 2016, ne dispose d’aucune infrastructure comparable.

A. Epstein and Sons, entreprise centenaire détenue par ses employés, revendique une expertise en architecture culturelle et institutionnelle aux États-Unis, mais aucune référence dans ce secteur en Afrique. Le contexte budgétaire camerounais reste par ailleurs modeste au regard de l’ambition affichée. En 2025, le ministère des Arts et de la Culture disposait d’un budget annuel de 10,4 milliards de FCFA, soit environ 17 millions de dollars, quatorze fois moins que le montant annoncé pour ce seul projet.

Le communiqué américain ne précise ni le calendrier, ni le mode de financement, ni le porteur institutionnel camerounais associé à cette initiative, classée elle aussi parmi les opportunités encore « en discussion ». Reste désormais à préciser les conditions de financement et de réalisation de ce projet culturel.