Cameroun : La SFI injecte 1,3 milliard de FCFA dans First African Company pour doper la production alimentaire locale

Cette enveloppe permettra à l’entreprise camerounaise d’industrialiser sa production de yaourts et de jus de fruits, dans l’optique de réduire les importations alimentaires et de structurer les filières locales.

La Société Financière Internationale (SFI), bras financier du secteur privé du Groupe Banque mondiale, vient de débloquer un financement de 2 millions d’euros en faveur de First African Company (FAC), entreprise camerounaise spécialisée dans la fabrication de produits laitiers et de jus de fruits. Cette opération, annoncée en début avril 2025, s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des chaînes de valeur alimentaires locales en Afrique centrale.

Fondée par Martin Ngouchet, FAC commercialise des yaourts et des jus de fruits positionnés sur le segment abordable, ciblant les ménages à revenus modestes. Grâce à ce nouvel apport en capital, l’entreprise entend accroître ses capacités de production et lancer une nouvelle gamme de yaourts, en vue de répondre à une demande intérieure encore largement satisfaite par les importations.

L’enjeu dépasse la seule croissance d’une PME. Pour la SFI, cet investissement constitue un levier structurant pour la sécurité alimentaire du pays. Dahlia Khalifa, directrice de la SFI pour l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest anglophone, souligne que l’expansion de FAC permettra de réduire la dépendance du Cameroun aux produits alimentaires importés, de renforcer la compétitivité de l’industrie locale de transformation et de dynamiser l’écosystème des PME fournisseurs de matières premières et distributeurs de produits finis.

Sur le plan social, le projet affiche des ambitions explicites : créer des emplois et intégrer les femmes et les jeunes dans les réseaux de distribution de l’entreprise. Une dimension inclusive que la SFI place au cœur de sa doctrine d’intervention dans les marchés émergents.

Pour Martin Ngouchet, ce partenariat représente une étape décisive dans le développement de FAC : « Nous visons à combler le déficit nutritionnel et à créer des opportunités économiques pour les communautés camerounaises », a-t-il déclaré.

Cet investissement illustre l’intérêt croissant des institutions financières de développement pour le secteur agroalimentaire en Afrique subsaharienne, perçu comme un gisement de croissance à fort potentiel, encore sous-financé au regard de ses besoins structurels.