Cameroun : 700 sites miniers sans titre exploités par des Chinois dans la région de l’Est
- Le corporate
- 23 mars 2026
- Editorial
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Dans son communiqué du 19 mars 2026, le syndicat des orpailleurs fait état de près de 700 sites exploités par des ressortissants chinois sans titre ni déclaration.
Le secteur aurifère camerounais saigne. Et le SYNAPROBADIOCAM pointe un responsable précis dans son communiqué consulté par Le Corporate.
Le syndicat s’appuie sur le rapport ITIE 2023 pour étayer ses accusations. Ce document officiel, cité dans le communiqué, « fait des révélations accablantes sur l’évasion de l’or du Cameroun qui contourne les règles fiscales et douanières qui encadrent l’exploitation, la commercialisation et l’exportation. » L’écart entre les quantités exportées et les quantités déclarées constitue la preuve documentée d’un système de fraude organisé.
Au centre du dispositif, des expatriés chinois. Le SYNAPROBADIOCAM est explicite : « Les auteurs généralement des expatriés de nationalité chinoise versant dans l’exploitation illégale et anarchique alimentent le marché noir dont les principaux protagonistes sont les expatriés des pays voisins. » Une chaîne de prédation qui commence sur les sites d’extraction et se termine hors des frontières du pays.
Le mécanisme décrit dans le communiqué est rodé. Ces acteurs « achètent directement de l’or chez des exploitants illégaux à des prix alléchants battant toute concurrence, ne respectant pas le prix en cours. » Résultat : les opérateurs économiques camerounais, pourtant en règle, sont évincés. Le syndicat précise qu’ils « disposent des documents administratifs pour commercialiser et vendre l’or », mais ne peuvent rivaliser face à des acheteurs qui s’affranchissent des contraintes réglementaires.
L’ampleur du phénomène dans la région de l’Est donne le vertige. Le document fait état de « près de 700 sites chinois qui exploitent sans papiers et vendent leurs produits aux expatriés des pays voisins qui ne les déclarent pas et les exportent clandestinement. » Une économie parallèle qui a fini par étouffer la filière légale : « Les Opérateurs Économiques qui jadis déclaraient plus de 100 kg d’or par an ne le font plus car n’ont plus accès au marché. »
La conséquence directe pour l’État est une hémorragie fiscale. Selon le syndicat, « l’or du marché noir est exporté dans des couloirs de contrebande et font perdre à l’État d’importantes sommes d’argent qu’elle aurait perçues aux titres d’impôts, douanes et redevances. »
Le SYNAPROBADIOCAM appelle ses membres à « une vigilance accrue en dénonçant tous trafics et commerces illégaux » dans leurs zones, et à « barrer la voie à ces expatriés qui ruinent notre activité en trafiquant nos ressources minières nationales. »


