Cacao : La flambée des cours ne relance pas les exportations camerounaises
- Le corporate
- 14 septembre 2026
- Editorial
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Les cours mondiaux du cacao ont fortement progressé en 2025, tandis que l’agriculture industrielle et d’exportation camerounaise reculait de 3,1 % en volume. Le vieillissement du verger et les perturbations de la collecte limitent la capacité du pays à transformer les prix en volumes.
Le cacao camerounais s’est vendu bien plus cher en 2025. Pourtant, le Cameroun a exporté moins. C’est le paradoxe que fait ressortir le rapport « Les Comptes Nationaux de 2025 » de l’Institut national de la statistique (INS), publié en août 2026. Selon le document, l’« agriculture industrielle et d’exportation » a reculé de 3,1 % en volume en 2025, après une progression de 9,5 % en 2024. Dans le même temps, les exportations camerounaises de biens diminuent de 3,8 %. Cette évolution intervient alors que les cours mondiaux du café robusta et du cacao progressent de 10,1 % et 6,4 % respectivement, après des hausses de 68 % et 123,4 % en 2024. Le coton, dont le cours recule de 10,7 %, fait encore exception.
Les prix payés aux planteurs camerounais ont pourtant atteint des niveaux inédits. Lors de la campagne 2023-2024, les producteurs de cacao perçu jusqu’à 6 000 FCFA le kilogramme dans certaines régions, contre un peu plus de 1 000 FCFA quelques années auparavant, selon l’Office national du cacao et du café (ONCC). Cette campagne avait généré 265,3 milliards de FCFA de recettes à l’export, en hausse de 84 %. La BEAC et Fitch Solutions tablaient même sur une hausse de près de 7 % de la production pour la campagne 2024-2025, portée par ces prix records.
Le décalage entre ces perspectives et le recul mesuré par l’INS tient notamment aux conditions de production. Environ 80 % du cacao camerounais provient du Sud-Ouest et du Littoral, régions où la collecte reste perturbée par la crise sécuritaire anglophone qui affecte la filière depuis plusieurs années. À cela s’ajoute le vieillissement du verger national, problème documenté par l’ONCC et les organisations professionnelles du secteur. Cette situation limite la progression de l’offre, malgré la rémunération des producteurs.
Malgré la hausse des cours mondiaux, le Cameroun n’a ainsi pas transformé cette embellie en progression des volumes exportés. L’INS souligne que seule l’agriculture vivrière, tournée vers le marché intérieur, a soutenu la croissance agricole en 2025. Elle progresse de 3,7 %, après 3,2 % en 2024, tandis que l’agriculture d’exportation recule.
Selon l’INS, la reprise des filières d’exportation en 2026 dépendra de la poursuite des investissements engagés dans les secteurs agricole et agroindustriel, ainsi que du renouvellement progressif du verger national. La hausse des prix n’a donc pas suffi à compenser les contraintes qui pèsent sur la production et la collecte des cultures destinées aux marchés extérieurs. Le contraste entre la valorisation des produits et les volumes disponibles apparaît également comme l’un des traits marquants de l’année agricole 2025 dans les principales zones de production.



