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BVMAC : Le FGIS ouvre le capital de deux filiales aux investisseurs privés

L’Unité de Gestion des Réformes des Institutions Financières de la CEMAC (UGRIF) a dévoilé le 10 juillet 2026, la liste des quatre entreprises retenues pour bénéficier de la prise en charge de leurs frais d’introduction en bourse. Trois des quatre lauréats sont gabonais, dont Samb’a Assurances, Gabon Power Company (GPC) et la Façade Maritime Champ Triomphal (FMCT). Les deux dernières partagent un actionnaire unique, le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS), dont la gouvernance sera scrutée par de nouveaux actionnaires minoritaires.

Le mécanisme, financé par un fonds de la Banque africaine de développement, vise à lever l’obstacle du coût pour les entreprises candidates à la cotation. Il a été lancé une première fois en juillet 2025 sans succès, avant qu’un second appel à candidatures, ouvert en mars 2026, ne recueille suffisamment de dossiers pour que les autorités demandent aux candidats surnuméraires de se retirer.

Le marché régional, centralisé à Douala, souffre d’un manque de liquidité et d’une forte concentration sur les valeurs bancaires, une faiblesse documentée en mars dernier par la Banque africaine de développement dans ses Perspectives économiques 2026. L’arrivée des trois nouveaux émetteurs, après l’introduction de BGFI Holding le 7 mai dernier, porterait le nombre d’émetteurs d’actions de sept à dix, soit une progression de plus de 40 %.

Cette diversification introduit des secteurs jusqu’ici absents de la cote : la micro-assurance digitale avec Samb’a Assurances, qui a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de 136 % sur la période récente, et l’économie réelle avec GPC et la FMCT. GPC pilote un pipeline de projets hydroélectriques comprenant notamment les chantiers de Kinguélé Aval et de Ngoulmendjim, tandis que la FMCT porte le projet immobilier de la Baie des Rois.

Le passage de GPC et de la FMCT sous le régime de la cotation en bourse s’apparente à un test pour leur actionnaire, le FGIS. Le fonds souverain affichait en 2025 une note de transparence Global SWF de 44 %, un score inchangé par rapport à 2024. Il a par ailleurs traversé fin 2025 des tensions de trésorerie, avec 27 milliards FCFA d’engagements financiers pressants recensés.

En ouvrant le capital de ses filiales à des actionnaires minoritaires, le FGIS s’expose à un contrôle externe auquel les entreprises publiques de la zone CEMAC échappaient jusqu’ici largement : sur les 17 entreprises publiques identifiées comme candidates potentielles à la cotation depuis 2019, seules deux avaient franchi le pas avant BGFI Holding.

L’ampleur du flottant proposé lors des futures introductions déterminera la portée réelle de l’opération. Les prospectus à venir devront préciser le volume de titres mis à la disposition des investisseurs privés pour que ceux-ci disposent d’un droit de regard effectif sur la gestion des deux filiales.