Affaire Gabon-Bosch Capital

Affaire Gabon-Bosch Capital : Libreville réclame plutôt le paiement des amendes exigées par la Cour de justice de Londres

Le gouvernement gabonais fait face depuis quelques jours à une nouvelle offensive judiciaire. La société Bosch Capital exige le paiement d’une créance estimée à plus de 330 millions de dollars, soit environ 200 milliards de FCFA, allant jusqu’à fixer un ultimatum à l’État gabonais.

L’affaire trouve son origine dans un contrat d’équipements militaires signé en 2014, sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, avec le groupe sud-africain Paramount. Ce contrat prévoyait la rénovation et la fourniture d’avions Mirage, ainsi que la formation de personnels militaires gabonais.

Bosch Capital affirme aujourd’hui détenir les droits sur cette créance, à la suite d’une cession qui lui aurait été consentie par Paramount Logistics Corporation Limited. C’est sur cette base que la société a adressé un courrier à la représentation diplomatique gabonaise en Angleterre, réclamant le paiement de la somme.

Après examen du dossier par les instances habilitées, le gouvernement gabonais rejette catégoriquement ces prétentions. Par la voix de son porte-parole, le Pr Charles Edgard Mombo, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, l’État gabonais affirme que les documents présentés par Bosch Capital ne constituent pas des billets à ordre exigibles, mais de simples promesses de paiement, liées à un différend commercial antérieur déjà tranché par la justice.

Le gouvernement rappelle en effet qu’une sentence arbitrale rendue le 6 février 2026 par la Cour de justice de Londres a rejeté l’ensemble des demandes formulées par Paramount Logistics Corporation. Le tribunal a même condamné cette dernière à verser 110 000 euros (environ 72 millions de FCFA) à la République gabonaise, au titre des dépens.

À cet argument juridique s’ajoute un doute persistant des autorités gabonaises sur l’exécution réelle des prestations réclamées, notamment concernant la livraison effective des appareils et la formation des pilotes.

Face à des prétentions jugées infondées, l’État gabonais annonce qu’il usera de « toutes les voies de droit » disponibles pour préserver ses intérêts. Le gouvernement réaffirme par ailleurs son attachement au respect de l’État de droit et sa détermination à protéger les intérêts de la République gabonaise, ainsi que ses ressources financières.