Cameroun : comment tirer parti de la fragmentation mondiale pour devenir une plateforme alternative (Rapport)
- Le corporate
- 18 août 2026
- Editorial
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Dans un contexte de fragmentation croissante des chaînes de valeur mondiales, le Cameroun est appelé à se positionner comme une plateforme alternative crédible pour des investissements à forte rentabilité, le commerce et l’innovation technologique.
C’est le constat dressé par la Banque africaine de développement (BAD) dans son dernier rapport pays. Selon l’institution, les autorités camerounaises déploient déjà des efforts pour transformer le pays en base de production fiable, axée sur la transformation locale des ressources. Cette stratégie repose notamment sur l’aménagement de grandes zones industrielles capables d’attirer des capitaux à forte valeur ajoutée et de mieux ancrer le Cameroun dans les segments les plus rémunérateurs des chaînes de valeur mondiales.
Plusieurs initiatives concrètes illustrent cette orientation. La zone industrielle intégrée du port de Kribi, officiellement lancée le 26 février 2026, en est le fer de lance : ce projet, d’un coût de 795 millions d’euros, devrait générer un effet multiplicateur pouvant atteindre 20 fois l’investissement initial d’ici 2040. À cela s’ajoute l’installation de grands producteurs dans la zone industrielle de la plaine centrale, dédiée à la transformation des produits agricoles, ainsi que la sélection d’entreprises « championnes nationales » chargées de développer des filières stratégiques : soja, riz, aviculture, montage de bus, ou encore production de cartes et terminaux électroniques.
Le secteur minier n’est pas en reste, avec l’exploitation programmée de trois gisements de fer pour un montant de 1 748 milliards de FCFA. Le pays mise également sur le raffinage local des hydrocarbures, avec la construction d’une nouvelle raffinerie à Kribi, d’un coût de 120 milliards de FCFA, une réponse directe au paradoxe pointé ailleurs par la BAD, celui d’un pays qui exporte son pétrole brut tout en important l’intégralité de ses besoins en carburants.
Au-delà de l’industrialisation, les autorités orientent aussi leurs investissements vers les infrastructures régionales, dans l’optique de dynamiser le commerce intra-africain. L’interopérabilité des systèmes de paiement, déjà opérationnelle, en constitue l’un des premiers leviers concrets, facilitant les transactions transfrontalières et l’intégration économique régionale.



