AEROPORT

Décryptage : Tous les aéroports du pays concernés par la R4, la grille tarifaire mise à platDécryptage

L’un des points les plus commentés dans le débat public, l’extension de la redevance à l’ensemble du réseau aéroportuaire gabonais, trouve une confirmation littérale dans le texte de la loi.

L’article 11 nouveau de la loi de finances rectificative dispose que la redevance R4 est « collectée auprès des passagers par les compagnies aériennes, les sociétés émettrices de billets, les exploitants d’aéronefs ou tout autre intermédiaire habilité, sur le prix de chaque billet d’avion à destination ou en provenance de tout aéroport du Gabon ». La formule « tout aéroport du Gabon » ne laisse pas place à l’interprétation : la redevance, longtemps associée au seul aéroport Léon-Mba de Libreville, s’applique désormais à l’ensemble des plateformes du pays, qu’il s’agisse de Port-Gentil, de Franceville ou de tout autre point d’entrée et de sortie du territoire.

L’article 10 nouveau met, par ailleurs, fin à toute ambiguïté sur les montants. Pour l’exercice 2026, la grille est la suivante : sur les vols internationaux de plus de deux heures, 49 200 FCFA en première classe et en classe affaires, 42 638 FCFA en classe économique. Sur les vols internationaux de deux heures ou moins, 42 638 FCFA en première classe et en classe affaires, 32 798 FCFA en classe économique. Sur les vols intérieurs, un montant unique de 6 560 FCFA par passager, toutes classes confondues.

La loi précise que cette grille est établie en tenant compte notamment « du plan de financement du projet, des prévisions de trafic […] du besoin de couverture des charges de construction, de financement, de sécurisation, d’entretien, d’exploitation et du remboursement des infrastructures aéroportuaires ». Toute révision ultérieure devra être validée par l’État au préalable et publiée, sans pouvoir imposer à celui-ci « une compensation financière, une renonciation à recette [ou] une garantie implicite […] non prévu par la loi de finances ». Cette dernière clause vise, sur le papier, à protéger les finances publiques d’un effet boomerang si la fréquentation aéroportuaire venait à chuter sous l’effet de la hausse tarifaire elle-même.