Gabon : L’encours de la dette publique franchit 8 780 milliards de FCFA
- Le corporate
- 20 juillet 2026
- Editorial
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Selon le dernier bulletin statistique de la Direction générale de la Dette (DGD), l’endettement public a progressé de 23 % en 2025, une hausse portée presque exclusivement par les financements mobilisés à l’intérieur du pays.
Le Gabon fait face à une accélération sans précédent de son endettement public. Au 31 décembre 2025, l’encours global de la dette s’établit officiellement à 8 780,337 milliards de FCFA, selon le dernier bulletin statistique de la Direction générale de la Dette (DGD). Cette trajectoire se traduit par une hausse de 1 647,045 milliards de FCFA sur les douze derniers mois, soit une progression de 23,09 % par rapport à fin décembre 2024.
L’analyse détaillée des données révèle une dynamique à deux vitesses. La composante extérieure de la dette affiche une relative stabilité, avec même un léger repli : elle recule de 40,887 milliards de FCFA (-0,981 %), pour s’établir à 4 127,620 milliards de FCFA. Cet encours extérieur se répartit entre 764,510 milliards de FCFA de dettes bilatérales, 1 580,736 milliards de dettes multilatérales, 1 376,266 milliards levés sur les marchés financiers internationaux, et 406,108 milliards de créances commerciales.
Le véritable moteur de la hausse se trouve à l’intérieur des frontières. La dette intérieure a progressé de 56,93 %, gagnant 1 687,932 milliards de FCFA en un an pour atteindre 4 652,718 milliards de FCFA. Pour la première fois de son histoire, le passif interne de l’État gabonais dépasse ainsi son endettement extérieur.
Selon la DGD, deux facteurs expliquent cette évolution. D’une part, le recours au marché financier régional s’est nettement intensifié, l’encours y totalisant désormais 3 449,951 milliards de FCFA ; les émissions de titres publics ont bondi de 480,3 à 1 282,8 milliards de FCFA sur l’année, tandis que les tirages sur prêts-programmes classiques se sont effondrés de 830,5 à 36,1 milliards. D’autre part, les travaux d’assainissement menés par la « Task-Force » présidentielle ont conduit à la validation et à la prise en charge par la DGD de 758,681 milliards de FCFA de dettes moratoires jusqu’ici non comptabilisées, auxquels s’ajoutent 444,086 milliards de dettes bancaires.
Cette intégration comptable correspond pour l’essentiel à la reconnaissance d’engagements préexistants plutôt qu’à une dette nouvellement contractée. Elle a néanmoins pour effet de rendre les comptes publics plus sincères, mais elle place aussi le Gabon face à un défi de soutenabilité pour les années à venir, dans un contexte où le service de la dette a atteint un niveau record de 2 565,4 milliards de FCFA remboursés en 2025, notamment du fait d’opérations de restructuration comme l’opération « Mouele » menée en mars. Si l’État a honoré sans le moindre incident l’intégralité de ses échéances sur le marché international, un impératif pour préserver sa signature auprès des investisseurs, des arriérés subsistent auprès de certains partenaires bilatéraux, pour un montant de 155 milliards de FCFA. Ce niveau d’endettement place désormais la loi de finances 2026 sous surveillance particulière quant à sa capacité à infléchir la trajectoire.



