Barrage de Kikot : 381 milliards FCFA pour réduire le déficit énergétique 500 MW au Cameroun
- Le corporate
- 13 juillet 2026
- Editorial
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La Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont lancé, le 12 juillet 2026 à Abidjan, un Réseau africain des économistes en chef (ACE-Network), destiné à harmoniser le conseil économique sur le continent. Pour la CEMAC, qui dispose déjà d’une banque centrale commune et d’un mécanisme de surveillance multilatérale, l’utilité de ce nouvel outil dépendra de sa capacité à accélérer la traduction des analyses en décisions coordonnées.
Le réseau a été présenté à l’issue de la Conférence économique africaine 2026, organisée du 10 au 12 juillet par la BAD, le PNUD et l’OCDE à Abidjan, sur le thème de l’influence géopolitique et de la résilience commerciale de l’Afrique. Il doit réunir des économistes en chef d’institutions de développement, des responsables de banques centrales et de trésors nationaux, des conseillers de chefs d’État, des représentants des communautés économiques régionales, des universitaires et des économistes du secteur privé. Il prévoit une réunion annuelle, des rencontres virtuelles trimestrielles et des sessions de réaction rapide en cas de choc majeur.
Ses concepteurs le présentent non comme une nouvelle organisation internationale, mais comme une plateforme souple. Il ne se substitue ni à la Commission de la CEMAC, chargée de la surveillance multilatérale, ni à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), responsable de la politique monétaire commune et de la gestion des réserves.
Des outils déjà en place, une coordination limitée
La CEMAC dispose déjà d’instruments de suivi, notamment, un rapport annuel de surveillance multilatérale, des critères de convergence et un tableau de bord macroéconomique régional. Ces dispositifs n’ont toutefois pas empêché des politiques budgétaires divergentes entre États membres, une dépendance persistante aux hydrocarbures et des tensions sur le marché régional de la dette. En 2025, le Fonds monétaire international appelait la zone à adopter une stratégie régionale plus cohérente pour préserver ses finances publiques et sa position extérieure.
La participation effective de la BEAC, de la Commission de la CEMAC ou d’autres institutions d’Afrique centrale au sein de l’ACE-Network n’a pas encore été précisée par ses organisateurs.
Pour la BEAC, le réseau ouvrirait l’accès à une expertise continentale sur la politique monétaire, la stabilité financière, les systèmes de paiement et la gestion des réserves. Pour le Cameroun, première économie de la CEMAC, l’intérêt dépendra de la capacité du dispositif à produire des analyses opérationnelles sur la dette, la fiscalité non pétrolière et le financement
des infrastructures, ainsi qu’à porter les priorités régionales dans les discussions sur la Zone de libre-échange continentale africaine et la réforme des banques multilatérales de développement.
Marie-Laure Akin-Olugbade, vice-présidente principale de la BAD, a indiqué attendre des résultats concrets et des actions bénéficiant directement aux populations. Kevin Chika Urama, économiste en chef de la BAD, a présenté le réseau comme un moyen de renforcer la production africaine d’analyses économiques. Raymond Gilpin, économiste en chef du PNUD pour l’Afrique, l’a qualifié de force collective d’experts africains.
Plus de 4 000 participants ont suivi les travaux d’Abidjan, consacrés notamment à la dette, au financement du développement et à l’intégration régionale. Pour la CEMAC, trois éléments détermineront la portée réelle du réseau : la présence effective d’experts d’Afrique centrale dans ses instances, la régularité des recommandations adaptées à la sous-région, et leur intégration dans les décisions publiques.


