BGFIBank sort vainqueur de son long différend judiciaire avec E-Doley Finance
- Le corporate
- 8 juillet 2026
- Editorial
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Le Tribunal judiciaire de Paris a tranché en faveur du groupe bancaire gabonais dans le contentieux qui l’opposait depuis plusieurs années à la fintech E-Doley Finance. Par un jugement rendu le 25 juin 2026, la juridiction a rejeté en bloc les demandes de la société plaignante et l’a même sanctionnée pour recours abusif.
Ce dossier remonte à plus de dix ans. E-Doley Finance, fondée par l’entrepreneur gabonais Ernest Akendengue Tewelyo, avait développé une application mobile de paiement baptisée « E-DoleyCash ». Selon la fintech, un partenariat noué avec BGFIBank Gabon en 2012 aurait ensuite été détourné. La banque aurait repris sa technologie pour construire sa propre solution de mobile banking sans céder la part de revenus convenue. E-Doley avait donc engagé deux procédures parallèles, l’une à Libreville pour rupture abusive de relations commerciales, l’autre à Paris pour contrefaçon de logiciel, la solution litigieuse étant accessible aussi bien en France.
Le parcours judiciaire a connu plusieurs rebondissements. Un premier jugement du tribunal de commerce de Paris, en 2019, avait déjà donné raison à BGFIBank, avant qu’une décision de la cour d’appel parisienne, début 2020, ne renvoie spécifiquement la question de la contrefaçon devant le tribunal judiciaire, seule juridiction compétente en matière de propriété intellectuelle.
C’est ce volet qui vient d’être définitivement clos. Dans son jugement de juin, le tribunal a écarté chacune des demandes d’E-Doley. La requête d’expertise judiciaire, l’accusation de contrefaçon de logiciel et le grief de parasitisme économique. Les juges sont même allés plus loin en qualifiant la procédure d’abusive, condamnant E-Doley à verser 8 000 euros de dommages-intérêts à chacune des deux entités du groupe (BGFI Holding Corporation et BGFIBank Gabon) ainsi que 25 000 euros de frais de justice à chacune, plus les dépens.
Dans un communiqué, BGFIBank affirme avoir coopéré tout au long de la procédure et dit faire confiance à l’indépendance de la justice. Le groupe, présent dans une douzaine de pays et fort de plus de 3 000 collaborateurs, met en avant cette décision comme une confirmation de la solidité de sa gouvernance, alors qu’il reste le premier établissement bancaire d’Afrique centrale.
Reste que ce jugement ne clôt pas nécessairement l’ensemble du contentieux . Le volet contractuel de l’affaire, relatif à la rupture des relations entre les deux parties, relève en principe des juridictions gabonaises, où une procédure distincte avait été engagée à Libreville.



