Guinée Équatoriale : pourquoi les 36 membres ont déposé leur démission
- Le corporate
- 17 juin 2026
- Editorial
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C’est un véritable séisme politique qui s’est produit hier au Palais du Peuple à Malabo. Lors d’une session extraordinaire du Conseil des ministres présidée par le Chef de l’État, Tedoro Obiang Nguema Mbasogo, le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsuga a présenté la démission collective de son gouvernement.
Cette décision, officialisée par le porte-parole de l’exécutif, Jerónimo Osa Osa Ecoro, met un terme à une gestion de vingt mois, marquée par des contrastes saisissants.
Dans son allocution d’adieu, le Premier ministre sortant a inscrit l’action de son équipe sous le signe du respect institutionnel, saluant des jalons historiques tels que la visite du pape Léon XIV et la proclamation de la ville de La Paz comme nouvelle capitale. Tout en remerciant le président et le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue pour leur soutien, M. Osa Nsue Nsuga a admis que « les défis complexes posés par la situation économique actuelle nécessitent de redoubler d’actions ».
L’indulgence de l’équipe sortante a pourtant contrasté avec le diagnostic sans concession du président de la République. Loin d’un simple remaniement de routine, le Chef de l’État a exprimé un profond « mécontentement », dressant un réquisitoire sévère contre l’exécutif démissionnaire. Obiang Nguema Mbasogo a pointé du doigt un manque flagrant de dynamisme face à la crise, dénonçant une stagnation des projets de développement et l’échec des politiques de diversification économique, notamment dans le secteur agricole où la dépendance aux importations reste critique.
Plus grave encore, le président a fustigé « l’utilisation inappropriée des ressources de l’État », pointant directement la corruption et l’enrichissement illicite au détriment de la population. Il a également reproché à certains ministres une « attitude ambiguë » et un manque de transparence face aux dossiers de l’État.
En acceptant cette démission, le chef de l’État a appelé les membres sortants au nationalisme et a réclamé pour l’avenir une équipe plus vigoureuse, capable de répondre aux aspirations du peuple et de restaurer la confiance envers le parti au pouvoir (PDGE). L’attention se tourne désormais vers Malabo, dans l’attente de la nomination d’un nouvel exécutif qui aura la lourde tâche de redresser l’économie et de mener une lutte frontale contre les dérives financières.


