Aeroport de Libreville

Gabon : Vers une reprise en main des ports et aéroports par l’État

Devant les députés de l’Assemblée nationale réunis le lundi 15 juin 2026, le Chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a prononcé un discours fondateur qui fera date dans l’histoire économique du pays.

Dans une déclaration solennelle, il a annoncé une révision profonde de la gestion des infrastructures de transport nationales, affirmant que « la gestion des ports et aéroports relève de la souveraineté nationale ». Pour Libreville, l’époque des concessions est officiellement révolue. Le Président a annoncé le lancement immédiat d’une réflexion stratégique visant à réviser toutes les conventions de concessions et autres partenariats public-privé. L’objectif affiché est clair : rééquilibrer la balance en imposant désormais des contrats strictement « gagnant-gagnant ».

Le secteur maritime sous haute surveillance

Cette directive présidentielle va bousculer le paysage portuaire gabonais. En première ligne, le Port d’Owendo, véritable poumon économique de la capitale par où transite la majorité des importations et le manganèse, ainsi que le Port de Port-Gentil, hub indispensable du secteur pétrolier, vont voir leurs accords passés au crible. Le futur Port en eau profonde de Mayumba, projet crucial pour le désenclavement du Sud du pays, sera lui aussi soumis à cette nouvelle doctrine d’indépendance économique.

Le ciel gabonais redessiné

Le volet aérien de cette réforme s’annonce tout aussi rigoureux. Les principaux aéroports du pays entrent dans l’ère de la restructuration. Seront directement visés : l’aéroport International Léon Mba de Libreville, l’Aéroport international de Port-Gentil, au cœur de la capitale économique. Les infrastructures provinciales stratégiques, à l’instar des aéroports de Franceville (Mvengué), de Moanda ou d’Oyem, le projet d’envergure du nouvel Aéroport international d’Andém, dont le modèle de financement sera réadapté aux exigences de souveraineté.

En d’autres termes, le Gabon ne tourne pas le dos aux investisseurs étrangers, mais il exige le respect de ses intérêts économiques majeurs. Ainsi, en liant directement la gestion logistique à la fierté nationale, Brice Clotaire Oligui Nguema pose les bases d’une refondation économique où l’État gabonais entend bien redevenir le seul maître à bord de ses frontières.