Le Pipeline Tchad-Cameroun génère 12,2 milliards FCFA de droits de transit sur les quatre premiers mois de 2026
- Le corporate
- 9 juin 2026
- Editorial
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Le trésor public camerounais a encaissé 12,2 milliards de francs CFA au titre des droits de transit du pétrole tchadien entre janvier et avril 2026. Ce chiffre, communiqué par le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP), représente une progression de 1,2 milliard de FCFA par rapport à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 11 % en glissement annuel.
Le Pipeline Tchad-Cameroun fait gagner 12,2 milliards FCFA de droits de transit sur les quatre premiers mois de 2026 à l’Etat du Cameroun. Ces recettes trouvent leur origine dans le passage de 16,1 millions de barils de brut tchadien sur le territoire camerounais au cours de ces quatre mois. Le pétrole emprunte le pipeline Tchad-Cameroun, une infrastructure de 1 080 kilomètres qui relie les champs pétroliers du bassin de Doba au terminal de Komé, situé à Kribi, dans la région du Sud. C’est depuis ce point de sortie que le brut rejoint les marchés internationaux.
Le recours à cette infrastructure découle d’une contrainte géographique structurelle : le Tchad ne dispose d’aucun accès à la mer. Pour exporter sa production pétrolière, le pays enclavé dépend du corridor camerounais. C’est précisément cette dépendance qui fonde le rapport de force dont Yaoundé a su tirer parti sur le plan tarifaire.
En effet, la redevance perçue par le Cameroun sur chaque baril en transit est le produit de négociations menées de longue date. Fixée à l’origine à 0,41 dollar par baril, elle a fait l’objet d’un mécanisme de revalorisation quinquennale obtenu par Yaoundé en 2013. Deux révisions successives, en 2013 puis en 2018, ont porté ce tarif à 1,321 dollar par baril, niveau en vigueur à ce jour.
Or ce dispositif prévoyait une nouvelle révision à compter du 1er octobre 2023. Trois ans après cette échéance, aucune information sur l’état des négociations n’a filtré. Cette absence de visibilité pèse sur les projections budgétaires du Cameroun, d’autant que la redevance par baril constitue le seul levier d’optimisation des recettes du pipeline indépendant des volumes transportés — eux-mêmes tributaires des capacités de production tchadiennes et des fluctuations du marché pétrolier.
Dans ce contexte, les données du CPSP sur les quatre premiers mois de 2026 confirment que le pipeline demeure une source de revenus réguliers pour le budget de l’État. Mais le maintien du statu quo tarifaire depuis 2018 signifie que cette progression de 11 % tient exclusivement à la hausse des volumes en transit, non à une amélioration des conditions contractuelles. La question de la révision tarifaire reste donc en suspens, avec des enjeux financiers qui s’accumulent à chaque trimestre sans accord.


