La SFI

Gabon : La SFI mandatée pour identifier des opportunités d’investissement dans cinq filières

En marge de l’Africa CEO Forum à Kigali, le 14 mai, le chef de l’État gabonais a reçu le directeur général de la SFI. L’entretien a débouché sur l’envoi prochain d’une mission technique à Libreville.

Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le 14 mai 2026 à Kigali, en marge de l’Africa CEO Forum, Makhtar Diop, directeur général de la Société Financière Internationale (SFI). À l’issue de cet entretien, les deux parties ont annoncé l’envoi prochain d’une mission technique de l’institution à Libreville, avec pour mandat d’identifier des opportunités d’investissement et de structurer un partenariat.

La rencontre s’inscrit dans une séquence de rapprochement entre le Gabon et la SFI. Le 4 mars 2026, l’institution avait inauguré son premier bureau à Libreville, installé à l’Immeuble AGL, en présence du vice-président Hugues Alexandre Barro Chambrier et de la directrice régionale Afrique centrale et Nigéria, Dahlia Khalifa. Le portefeuille d’engagements de l’IFC au Gabon était alors estimé à environ 117 millions de dollars, dans les secteurs de l’énergie, de la logistique et du numérique. L’institution avait affiché l’objectif de mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars d’investissements au Gabon.

Lors de l’entretien de Kigali, les échanges ont porté sur cinq axes. Premièrement, la diversification et l’industrialisation, avec deux filières citées en exemple : l’huile de palme, à travers Olam Palm Gabon, et la transformation du bois. Deuxièmement, l’énergie, avec le développement de barrages hydroélectriques présenté comme un levier pour renforcer l’offre électrique sur l’ensemble du territoire. Troisièmement, le tourisme, avec en perspective la construction d’infrastructures hôtelières en vue d’un sommet de l’Union africaine envisagé en 2027. Quatrièmement, la souveraineté alimentaire, par la relance de la production agricole nationale. La directrice régionale de la SFI avait d’ailleurs rappelé en mars que « l’agriculture est l’un des plus grands créateurs d’emplois au monde » et que le Gabon devait miser sur les filières où il peut bâtir un avantage comparatif.

Ces priorités recoupent celles du budget 2026. Le projet de loi de finances 2026 arrête les ressources et dépenses de l’État à 7 233,3 milliards de FCFA, contre 4 204,9 milliards en 2024, avec un accent sur l’énergie, l’eau, l’agro-industrie, l’éducation et la santé.

La question du financement du secteur privé reste un enjeu structurel. Le gouvernement a indiqué vouloir mener ses opérations d’emprunt sur les marchés régionaux avec prudence, afin de ne pas provoquer d’effet d’éviction sur le crédit destiné au secteur privé. C’est précisément dans cet espace que la SFI est censée jouer un rôle de levier, en mobilisant des capitaux privés internationaux sur des projets que les banques locales ne peuvent financer seules.

La mission technique annoncée à l’issue de l’audience devra traduire ces orientations en projets identifiés et finançables. Le calendrier n’a pas été précisé.