Banques : l’Etat du Cameroun reprend Société Générale qui devient ‘’General Bank of Cameroon’’
- Le corporate
- 13 mai 2026
- Editorial
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Sous la présidence du Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, accompagné du ministre délégué auprès du Ministère de l’Économie, Paul Tasong, et des hauts responsables du groupe Société Générale, une cérémonie solennelle a scellé la finalisation de l’acquisition par l’État du Cameroun des parts sociales de la filiale locale du géant français.
Cette opération de grande envergure ne marque pas seulement la fin d’une ère, mais le début d’une nouvelle ambition nationale. Désormais, l’institution exercera sous une identité renouvelée : la General Bank of Cameroon (GBC).
Le nom « General Bank of Cameroon » n’est pas qu’un simple changement d’enseigne. Il symbolise la naissance d’une banque moderne, compétitive et inclusive. La GBC se veut le bras armé de la transformation structurelle de l’économie nationale, résolument tournée vers le financement des acteurs économiques locaux, des PME aux grands projets d’infrastructure.
Le Gouvernement a tenu à rassurer l’opinion publique et les marchés : grâce à une collaboration étroite avec les instances de régulation — la COBAC, la BEAC et la COSUMAF — la transition s’opère dans une continuité totale. Pour les clients, cette mutation garantit la sécurité absolue des dépôts et la pérennité des services bancaires, sans aucune rupture.
Pour bien comprendre l’ampleur de cette transaction, il faut remonter au 15 juillet 2025. C’est à cette date que l’accord de rachat de la totalité des parts détenues par le groupe français (soit 58,08 %) a été conclu. Si le montant de l’opération reste confidentiel, son impact sur l’actionnariat est massif : la participation de l’État camerounais culmine désormais à 83,68 %, contre seulement 25,6 % auparavant.
L’État devient ainsi l’actionnaire ultra-majoritaire du deuxième établissement bancaire du pays, une position qui lui permet de sanctuariser un pilier du paysage financier national face au retrait des groupes bancaires internationaux. « Cette opération stratégique illustre la volonté de l’État du Cameroun de préserver la stabilité financière, renforcer la confiance dans notre système bancaire et garantir la continuité des services au bénéfice des citoyens et des acteurs économiques », indique le ministère des Finances.
Comme l’a souligné le ministre Motaze, ce contrôle vise à « assurer la continuité et la pérennité des activités de cette banque de référence » tout en protégeant les intérêts des clients et du personnel. L’État joue ici le rôle de garant de la stabilité.
À terme, la General Bank of Cameroon a vocation à ouvrir son capital. Ce portage permet à l’État de préparer sereinement l’arrivée de nouveaux partenaires stratégiques, nationaux ou internationaux. Cette démarche s’inscrit dans une volonté globale de bâtir un secteur financier résilient et innovant, capable de soutenir la croissance du Cameroun tout en s’alignant sur les meilleures pratiques de gouvernance mondiale.
En reprenant les rênes de la GBC, le Cameroun ne fait pas que sécuriser une banque ; il se donne les moyens de piloter son propre destin financier avec pragmatisme et responsabilité.



