Finances publiques au Congo : Un solde budgétaire en trompe-l’œil malgré l’excédent de 2025

L’exercice budgétaire 2025 du Congo se referme sur une note contrastée. Si le pays parvient à maintenir ses indicateurs dans le vert, la trajectoire globale interpelle par son essoufflement. Entre érosion des recettes et gonflement des charges, Brazzaville navigue dans des eaux étroites, malgré une maîtrise exemplaire de l’inflation.

Au 31 décembre 2025, la situation provisoire des finances publiques affiche un solde budgétaire excédentaire de 48,5 milliards de FCFA (base engagement, dons inclus). Sur le papier, la performance reste positive. Toutefois, la comparaison avec l’année précédente révèle une réalité plus fragile : cet excédent a fondu de 391,6 milliards de FCFA par rapport à 2024. Les données sont contenues dans le ‘’Rapoort annuel de la gestion de la dette publique’’ publié par le Caisse congolaise d’amortissement (CCA).

Le même constat s’applique au solde primaire, qui s’établit à 358,1 milliards de FCFA. Bien que substantiel, il accuse un repli de 282,3 milliards de FCFA sur un an. Ce double fléchissement s’explique par un effet de ciseaux délétère : une baisse des recettes publiques de 6,4 % conjuguée à une progression des dépenses de l’ordre de 6,8 %. Cette dynamique réduit mécaniquement les marges de manœuvre de l’État pour ses investissements futurs.

Face à ces tensions budgétaires, le front des prix offre un répit salutaire. Le Congo a réussi le pari de la stabilisation monétaire en ramenant son taux d’inflation à 2,7 % en 2025, contre 3,1 % en 2024. Ce résultat place le pays sous le seuil communautaire d’alerte, suivant ainsi la tendance de la sous-région.

Cette accalmie résulte principalement de deux facteurs : l’atténuation des chocs liés à la révision des prix du carburant à la pompe et la résilience face aux perturbations logistiques mondiales découlant du conflit russo-ukrainien. En stabilisant le coût de la vie, le gouvernement limite la pression sociale, mais le défi reste entier : relancer la machine des recettes pour éviter que l’excédent budgétaire ne finisse par s’évaporer totalement au cours des prochains exercices.