Guinée équatoriale : une Autorité nationale pour piloter les Zones économiques spéciales

Face à une récession persistante, Malabo accélère sa mue institutionnelle. Alors que le dernier rapport de la Banque mondiale, « L’État des lieux de l’économie africaine », projette une nouvelle contraction de -3,5 % pour la Guinée équatoriale en 2026, le gouvernement mise sur une diversification radicale de son économie pour rompre avec sa dépendance aux hydrocarbures.

Le 8 avril 2026, la Commission permanente de l’Économie du Sénat, sous l’égide du sénateur Martín Crisanto Ebe Mba, a entamé l’examen en seconde lecture du projet de loi général sur les Zones Économiques Spéciales (ZEE). L’innovation majeure de ce texte est la création de l’Autorité nationale des Zones Économiques Spéciales (ANZEE). Dotée d’une personnalité juridique propre et d’une autonomie administrative et financière, cette instance aura pour mission de garantir la transparence, l’agilité et l’efficacité de la gestion de ces pôles de développement.

L’objectif est clair : transformer le pays en un carrefour industriel compétitif. L’ANZEE agira comme un organe de supervision pour les développeurs publics, privés ou mixtes, ainsi que pour les opérateurs logistiques. Le projet de loi prévoit des incitations fiscales agressives, des infrastructures de classe mondiale et des régimes administratifs simplifiés afin d’attirer les investissements directs étrangers.

Selon l’exposé des motifs, ces ZEE ne sont plus une option, mais une nécessité stratégique. Elles visent à intégrer la Guinée équatoriale dans les chaînes de valeur mondiales en favorisant l’innovation et le transfert de technologies dans des secteurs prioritaires autres que le pétrole. Pour un État dont les champs pétroliers sont en déclin, le succès de l’ANZEE représente l’ultime levier pour transformer une économie sinistrée en un pôle de croissance régionale durable. Le défi reste désormais de convertir ce cadre législatif en usines et en emplois concrets.