Surfacturation des marchés publics : l’Etat équatoguinéen récupère environ 38 milliards FCFA

En une seule négociation, l’État équato-guinéen vient de réaliser une économie spectaculaire de 37,5 milliards de francs CFA. Menée par le Vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, cette opération de salubrité financière marque le début d’une chasse systématique aux coûts gonflés dans les projets nationaux.  

La gestion des finances publiques en Guinée Équatoriale entre dans une ère de rigueur sans précédent. Lors d’une réunion d’évaluation tenue à La Paz, le Vice-président de la République a dévoilé les résultats d’une stratégie d’audit rigoureuse visant à déterminer le coût réel des infrastructures d’intérêt national. Le cas d’école de cette nouvelle méthode est le complexe sportif de La Paz.

Un audit révélateur au complexe sportif de La Paz

Initialement, l’entreprise de construction Yunnan réclamait la somme de 45 milliards FCFA pour l’achèvement de ce projet, pourtant quasiment terminé. Face àce montant jugé disproportionné, Teodoro Nguema Obiang Mangue a imposél’intervention de cabinets d’audit indépendants pour disséquer le devis.

Le résultat des discussions a été immédiat et sans appel : en quelques jours, l’entreprise a admis des surestimations techniques, ramenant sa facture de 45milliards à seulement 8 milliards de francs CFA. Toujours soucieux de protéger les deniers publics, le Vice-président a maintenu la pression sur les études de coûts pour finalement fixer le prix d’exécution à 7,5 milliards de FCFA. Au total, l’État économise 37,5 milliards, sans sacrifier ni la qualité des matériaux ni les délais de livraison.

Pour l’exécutif, ce dossier n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le Vice-président a été clair : ce projet sert désormais de référence pour débusquer les surfacturations qui ont pu miner le budget national ces dernières années. « Tous les projets en cours, en attente d’achèvement ou de paiement, doivent désormais passer sous cette loupe », a-t-il précisé.

Afin d’institutionnaliser cette vigilance, une commission spéciale a été mise en place. Composée de représentants de Geproyectos et de divers organismes de contrôle, elle a pour mission d’analyser l’intégralité du portefeuille de projets nationaux et de renégocier les prix avec les entreprises de construction.

Cette initiative est bien plus qu’une simple mesure d’économie budgétaire. Elle représente une stratégie globale de lutte contre la corruption et l’inflation artificielle des prix. En exigeant une transparence totale et en basant les paiements sur des audits techniques réels, la Guinée Équatoriale envoie un signal fort aux opérateurs économiques : l’ère de la complaisance budgétaire est révolue. Cette gestion rigoureuse des ressources publiques vise, à terme, à stabiliser l’économie et à garantir que chaque franc investi serve réellement au développement des infrastructures du pays.