Guinée Equatoriale : Le gouvernement dément tout prélèvement forcé sur les salaires pour la visite du Pape
- Le corporate
- 31 mars 2026
- Editorial
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À l’approche de la visite historique du Pape Léon XIV, prévue du 21 au 23 avril 2026, la Guinée équatoriale est au cœur d’une vive polémique.
Alors que des témoignages font état de ponctions salariales obligatoires pour financer l’événement, Malabo a fermement démenti ces accusations le 27 mars, dénonçant des informations « ne reflétant pas fidèlement la réalité ». Dans un communiqué officiel, le gouvernement de la République de Guinée Equatoriale a pris pour cible une publication de l’AFP titrée : « La visite du pape en Guinée équatoriale et les conditions imposées aux habitants pour préparer son arrivée suscitent l’indignation ». Le pouvoir équato-guinéen exprime sa « préoccupation » et invite les agences de presse à plus de rigueur.
Selon Malabo, la population participe « activement et avec une profonde ferveur » aux préparatifs, dans un climat d’unité nationale. Pour les autorités, ce voyage papal est avant tout un symbole de paix et de dialogue interculturel visant à renforcer l’image internationale de ce pays de deux millions d’habitants.
Pourtant, cette version officielle se heurte à une réalité plus amère décrite par plusieurs fonctionnaires sous couvert d’anonymat. Selon des enquêtes menées par l’AFP et le journal Le Monde, des retenues à la source auraient été effectuées sur les salaires du mois de février. « On m’a pris 55 000 FCFA sur mon salaire de 250 000 », témoigne une employée du ministère de l’Information, précisant que ce prélèvement a été explicitement justifié par le financement de la visite.
Même son de cloche du côté de l’armée, où un officier affirme s’être vu retirer 50 000 FCFA : « Je ne suis pas catholique, sa visite ne me concerne pas ». Ces ponctions, allant de 5 000 à 55 000 FCFA selon les revenus, semblent toucher divers corps de l’administration publique.
La polémique s’étend jusqu’à l’Université Nationale de Guinée Équatoriale (UNGE). Une circulaire diffusée à Malabo impose aux étudiants l’achat d’une tenue obligatoire pour accueillir le souverain pontife, au prix de 10 000 FCFA (environ 15 euros). Une dépense jugée « lamentable » par certains étudiants, qui estiment que le coût financier d’une invitation diplomatique de cette ampleur ne devrait pas reposer sur la communauté estudiantine.
Alors que le Pape Léon XIV entame sa tournée africaine par l’Algérie, le Cameroun et l’Angola, l’étape de Malabo reste sous haute tension entre les démentis formels d’un gouvernement soucieux de son image et une partie de la population qui déplore une « hospitalité forcée ».



