Gabon : La SFI ouvre un bureau à Libreville et vise 400 millions de dollars d’investissements

Avec cette représentation, l’institution entend multiplier par trois ses engagements dans le pays, de 117 à 400 millions de dollars dans l’énergie, les mines et les infrastructures.

La branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé dispose désormais d’une représentation à Libreville. La cérémonie d’inauguration s’est tenue en présence du vice-président du gouvernement, Hugues Alexandre Barro Chambrier, de la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, et de la directrice de la SFI pour le Nigeria et l’Afrique centrale, Dahlia Khalifa.

Ce bureau marque une rupture avec le fonctionnement antérieur. Jusqu’ici, les opérations gabonaises de l’institution étaient pilotées depuis le Cameroun. La proximité avec les acteurs locaux doit désormais permettre d’accélérer l’identification et le suivi des projets.

Sur le plan financier, le chemin à parcourir reste conséquent. Le portefeuille actuel de la SFI au Gabon s’établit à 117 millions de dollars, mobilisés notamment dans la construction d’un barrage hydroélectrique et la modernisation du chemin de fer transgabonais. L’institution entend porter ce volume à 400 millions de dollars. Les projets en cours d’examen couvrent l’énergie, les infrastructures de transport, l’industrialisation, le secteur minier et l’agriculture à forte valeur ajoutée.

Pour atteindre cet objectif, la SFI mise sur une approche sectorielle. « L’énergie est la clef de toute chose. Il y a aussi les infrastructures, y compris le transport et l’industrialisation, le secteur minier — pas uniquement l’export de minerais bruts, mais la transformation locale pour plus de valeur ajoutée et de création d’emplois », a précisé Dahlia Khalifa

Au-delà des chiffres, c’est le modèle d’intervention qui distingue la SFI des bailleurs classiques. L’institution ne se limite pas au prêt ; elle pratique l’investissement en capital et le renforcement des capacités des entreprises partenaires.

Cette implantation s’inscrit par ailleurs dans une dynamique nationale. La ministre Mvono a indiqué que la présence de la SFI à Libreville rejoint les ambitions du plan national de croissance et de développement 2026-2030, qui vise à diversifier l’économie gabonaise. D’après elle, le bureau doit «renforcer la coordination avec les autres entités du Groupe de la Banque mondiale dans le pays».

La démarche n’est pas isolée à l’échelle du continent. Active dans plus de 100 pays, la SFI a engagé 71,1 milliards de dollars sur l’exercice 2025 en faveur d’entreprises privées et d’institutions financières à travers le monde.