Filière bois au Congo : Entre reprise de la production et déclin structurel des exportations de grumes

Après une période de morosité marquée par trois trimestres consécutifs de recul, la production de grumes a amorcé un virage positif au quatrième trimestre 2025.

Selon la dernière Note de conjoncture économique du ministère de l’Économie, l’industrie forestière congolaise affiche des signaux contrastés au terme de l’exercice 2025. Si l’activité en forêt a repris des couleurs en fin d’année, la tendance globale et la structure des échanges témoignent des mutations profondes imposées par les nouvelles orientations de politique publique.

Après une période de morosité marquée par trois trimestres consécutifs de recul, la production de grumes a amorcé un virage positif au quatrième trimestre 2025. Le volume extrait a atteint 300 749 m³, contre 298 082 m³ à la même période en 2024, soit une progression de 0,9 %. Cette performance technique s’explique principalement par une meilleure stabilité opérationnelle, notamment grâce à l’amélioration des conditions d’approvisionnement en carburant, un facteur critique pour les chantiers forestiers.

Toutefois, ce sursaut de fin d’année n’a pas suffi à compenser les difficultés antérieures : sur l’ensemble de l’année 2025, la production annuelle de bois en grume accuse un repli de 2,8 %.

L’effet des restrictions à l’exportation

Le volet commercial confirme, quant à lui, le désengagement progressif du Congo du marché des bois bruts. Au quatrième trimestre 2025, les exportations de grumes ont chuté de 9,6 % en glissement annuel, tombant à 73 713 m³ (contre 81 513 m³ un an plus tôt).

Ce recul, loin d’être conjoncturel, est le résultat direct de la stratégie gouvernementale visant à interdire l’exportation de bois non transformé. Cette politique de souveraineté industrielle cherche à favoriser la transformation locale, afin de capter davantage de valeur ajoutée et de créer des emplois au sein du tissu économique national.