Congo : le taux d’endettement stagne à 92,46 % du PIB en 2025 très loin de la norme CEMAC

Au terme de l’exercice 2025, les indicateurs de la dette publique du Congo affichent une trajectoire ascendante, marquée par une augmentation nominale et une persistance des déséquilibres structurels.

Au 31 décembre 2025, le stock global de la dette s’établit à 8 943,97 milliards FCFA, représentant 92,46 % du Produit Intérieur Brut (PIB), selon la Caisse congolaise d’amortissement (CAA). Ce niveau marque une progression de 6,16 % par rapport au trimestre précédent, contre 8 535,77 milliards FCFA, soit 92,31% du PIB en 2024. Un ratio qui reste loin au-delà de la norme CEMAC qui prévoit 70%. La structure du portefeuille reste caractérisée par une forte exposition domestique. La dette intérieure, s’élevant à 5 334,07 milliards FCFA, constitue désormais 59,64 % de l’encours total, reléguant la dette extérieure à 40,36 % (soit 3 609,90 milliards FCFA).

Cette composante intérieure se fragmente en trois piliers majeurs le marché financier (50,92 %), porté essentiellement par les Obligations du Trésor Assimilables (OTA) et les Bons du Trésor (BTA). Les arriérés budgétaires (25,63 %) ; c’est un poste critique qui pèse lourdement sur la crédibilité de l’État, réparti entre les impayés sociaux (13,33 %) et commerciaux (12,30 %). Par ailleurs, la dette bancaire (23,45 %), incluant les allocations de DTS et les engagements auprès de la BEAC et des banques commerciales.

Sur le front extérieur, la répartition est quasi équilibrée entre trois groupes de créanciers : les bilatéraux (36,26 %), les multilatéraux (32,52 %) et les commerciaux (31,21 %). Ces derniers, composés majoritairement de sociétés financières, demeurent un segment clé de la stratégie de financement.

L’analyse des flux financiers au quatrième trimestre 2025 révèle une activité de mobilisation intense. Les décaissements au titre des emprunts ont atteint 1 191,72 milliards FCFA. Si le marché domestique a fourni la majorité de ces ressources (53,33 %), l’apport extérieur n’est pas négligeable (46,67 %). Il est intéressant de noter que la quasi-totalité de ce financement extérieur provient de créanciers commerciaux (524,74 milliards FCFA), les institutions multilatérales et les partenaires bilatéraux n’ayant contribué que de manière marginale durant cette période.