Filière caféière : Le Cameroun savoure le retour des indicateurs au vert

À l’occasion du lancement de la nouvelle saison à Baditoum, les chiffres révélés par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, dessinent les contours d’une filière en pleine reconquête, portée par un trio d’acheteurs européens et africains.

Le secteur caféier camerounais respire à nouveau. Pour la campagne 2024-2025, l’Italie a consolidé sa position de premier partenaire en absorbant un quart des exportations de robusta, suivie de près par l’Algérie qui s’est imposée comme un débouché majeur sur le continent. La Belgique complète ce podium commercial. Ces trois nations concentrent à elles seules, plus de 60 % des volumes expédiés.

Cette dynamique s’appuie sur une production commercialisée en nette progression, atteignant 11 637 tonnes, soit une hausse de près de 10 % par rapport à l’exercice précédent. Au-delà des volumes, c’est surtout la rémunération des planteurs qui marque les esprits. Grâce à une conjoncture internationale favorable où la demande excède largement l’offre, les prix d’achat ont bondi de manière spectaculaire : le kilogramme de robusta a progressé de 30 % pour frôler les 2 000 FCFA, tandis que l’arabica s’est envolé vers les 2 854 FCFA.

Toutefois, ce tableau encourageant ne saurait masquer les défis structurels qui pèsent sur l’avenir. Si les signaux sont au vert, le Cameroun reste encore loin de ses ambitions historiques de 160 000 tonnes annuelles, tous types confondus.

Pour franchir ce palier, les autorités misent désormais sur une stratégie plus endogène, axée sur la transformation industrielle sur place et l’intensification de la consommation locale. L’enjeu est de transformer cette embellie conjoncturelle en une croissance durable capable de redonner au café camerounais son lustre d’antan sur l’échiquier mondial.