Budget 2026 : la BEAC table sur des recettes de 586 milliards de FCFA
- Le corporate
- 30 décembre 2025
- Editorial
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Réunie à Bata le 19 décembre, l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) a validé les orientations budgétaires de la Banque des États de l’Afrique Centrale pour l’année 2026. L’institut d’émission affiche une solidité remarquable, portée par des revenus en forte croissance et une gestion rigoureuse de ses ressources.
L’institution monétaire commune aux six États de la CEMAC entame un cycle de prospérité financière sans précédent. Le budget adopté pour l’exercice 2026 table sur des ressources globales de 586,6 milliards de FCFA, confirmant la trajectoire ascendante de la Banque malgré les déséquilibres macroéconomiques que traversent encore certaines capitales de la sous-région.
La performance attendue pour 2026 repose sur une optimisation des leviers traditionnels de l’activité de banque centrale. Il s’agit premièrement de la gestion des réserves de change où l’essentiel des profits demeure généré par les produits financiers issus des placements de devises à l’international. Les commissions sur les transactions avec le secteur privé et les revenus liés à l’exécution de la politique monétaire complètent cette enveloppe. Ces projections traduisent une confiance de l’institution dans la normalisation progressive du système bancaire de la zone, facilitant ainsi la prévisibilité des revenus.
Un excédent de 253 milliards de FCFA
L’un des faits marquants de cet exercice réside dans la maîtrise des charges opérationnelles. Avec des dépenses contenues à 333,3 milliards de FCFA, la BEAC anticipe un excédent prévisionnel de 253,3 milliards de FCFA. Ce surplus, qui représente plus de 43 % des recettes totales, témoigne d’une stratégie de « prudence financière » assumée. Cet autofinancement massif renforce les marges de manœuvre de l’institut, lui permettant de consolider son autonomie face aux chocs exogènes.
Cette aisance financière s’inscrit dans la continuité des réformes structurelles majeures engagées sous l’égide du Gouverneur Yvon Sana Bangui. En juillet dernier, la BEAC a quasiment triplé son capital social, porté de 132 à 353 milliards de FCFA par l’incorporation de ses bénéfices non distribués. Les résultats de 2026 prolongent l’élan d’un exercice 2024 historique, marqué par un profit net record de 354,7 milliards de FCFA.
Cette mutation profonde, alliant optimisation des revenus d’exploitation et gouvernance rigoureuse, place la BEAC dans une position de force. Toutefois, l’ampleur de ces excédents soulève, en filigrane, un débat crucial : comment ces profits exceptionnels pourraient-ils, à terme, être réorientés pour soutenir plus directement le financement de l’économie réelle dans une zone en quête de croissance inclusive ?



