Revente du ciment : Pourquoi le Gabon veut limiter l’activité aux nationaux
- Le corporate
- 23 décembre 2025
- Editorial
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Dans le sillage de sa politique de restauration des intérêts nationaux, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a instruit, le 18 décembre dernier, la «gabonisation » progressive des activités de revente de ciment.
Lors du Conseil des ministres du 18 décembre 2025, le Chef de l’État a relevé une anomalie structurelle : la revente de ciment, maillon vital du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), échappe quasi totalement aux Gabonais.
Pour inverser cette tendance, des instructions fermes ont été données aux ministères compétents afin de soumettre un plan de « gabonisation progressive ». L’objectif est double : éradiquer la spéculation souvent entretenue par des réseaux d’intérêts opaques et ouvrir de réelles perspectives de création de richesse pour les entrepreneurs locaux. Cette offensive sur la distribution complète une stratégie entamée en amont de la filière. En septembre 2025, lePrésident Oligui Nguema avait déjà marqué les esprits en annonçant la fin des importations de clinker. Cette matière première, dont la production locale avait cessé en 2014, pesait lourdement sur la balance commerciale et le coût final du sac de ciment.
Ce tournant protectionniste a contraint les géants industriels à s’aligner sur les nouvelles ambitions du pays. Le groupe marocain Ciment d’Afrique (CIMAF) a ainsi dû accepter deux changements majeurs : l’entrée de l’État au capital : Le Gabon détient désormais 10 % des parts de CIMAF, soldant l’ère des «conventions déséquilibrées ». L’investissement local : Pour compenser l’arrêt des importations, CIMAF va investir 27 milliards de FCFA dans une unité de production de clinker locale, garantissant un ciment 100 % »Made in Gabon ».
Le ciment n’est toutefois qu’un front parmi d’autres dans cette vaste bataille pour la préférence nationale. En août 2025, Libreville multiplie les réformes pour réinsérer les nationaux au cœur de l’économie : une liste de « petits métiers » (coiffure, réparation de téléphones, orpaillage artisanal) est désormais strictement réservée aux Gabonais. Bien plus, la nationalisation de 900 emplois dans l’industrie pétrolière aval a été actée pour renforcer l’expertise locale. En octobre, des recommandations ont été formulées pour la ‘’gabonisation’’complète de la flotte de pêche industrielle. L’État a également annoncé la reprise en main du secteur des jeux de hasard via un opérateur public pour mieux capter les recettes fiscales.



