Commerce/Vers une reconduction de l’AGOA?
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- 17 décembre 2025
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L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), principal cadre des échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, pourrait être reconduit pour une durée de 3 ans, après son expiration initiale le 30 septembre dernier.
Le Comité des voies et moyens de la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé ce 10 décembre le projet de loi « AGOA Extension Act » (H.R. 6500), qui prévoit une prolongation jusqu’au 31 décembre 2028. Le texte doit désormais être examiné par l’ensemble du Congrès, mais lee vote en commission (37 voix contre 3) a confirmé un soutien global, dans un contexte où Washington cherche à stabiliser ses relations économiques avec l’Afrique.
Les chiffres soulignent l’importance de ce mécanisme : en 2024, les exportations totales des pays africains vers les États-Unis dans le cadre de l’AGOA ont atteint 9,7 milliards de dollars, contre 6,7 milliards en 2020. Le secteur pétrolier reste dominant (près de 47% des flux), mais les exportations de textile et habillement ont progressé à 1,4 milliard de dollars, soit une hausse de plus de 20% en cinq ans. L’Afrique du Sud, le Kenya, le Lesotho et Madagascar figurent parmi les principaux bénéficiaires, avec des industries textiles et automobiles qui tirent parti des préférences tarifaires.
Pour les États-Unis, la reconduction de l’AGOA s’inscrit dans une logique de diplomatie économique. Le dispositif est perçu comme un instrument stratégique face à la montée en puissance de la Chine et de l’Union européenne sur le continent. Pour l’Afrique, il représente un levier d’accès au marché américain, favorisant la diversification des exportations et la création d’emplois.
Les débats au Congrès ont toutefois rappelé les limites du programme : moins de la moitié des pays éligibles utilisent pleinement les avantages de l’AGOA, et la dépendance aux matières premières reste forte. Créé en 2000, l’AGOA offrait aux pays d’Afrique subsaharienne un accès préférentiel au marché américain pour plus de 1 800 produits, en plus des 5 000 produits déjà couverts par le système généralisé de préférences (GSP). Les pays devaient respecter des critères de gouvernance, de respect des droits humains et de lutte contre la corruption pour rester éligibles.



