Cameroun : les établissements de microfinances réalisent des bénéfices de 5,24 milliards de FCFA en 2024
- Le corporate
- 17 décembre 2025
- Editorial
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Avec une hausse de bénéfices de 54,5 % en 2024, le Cameroun se positionne comme la deuxième meilleure économie de la CEMAC sur cet indicateur, juste derrière le Congo.
Selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), l’organe de surveillance des banques de la CEMAC, le secteur des Établissements de Microfinance (EMF) au Cameroun a affiché une performance remarquable en 2024, tout en étant soumis à un assainissement réglementaire intense. Les EMF camerounais ont généré un bénéfice net cumulé de 5,24 milliards FCFA en 2024. Ce résultat représente une croissance spectaculaire de +54,5 % par rapport aux 3,38 milliards FCFA enregistrés en 2023.
Cette performance positionne le Cameroun comme la deuxième meilleure économie de la CEMAC sur cet indicateur, juste derrière le Congo, dont les EMF ont atteint 13,2 milliards FCFA de bénéfice net cumulé, en hausse de 32 % sur l’année. Le Cameroun se distingue également par la densité de son réseau, le plus étendu de la sous-région. Sur les 521 EMF agréés dans la CEMAC en 2024, 384 sont recensés au Cameroun, constituant une part écrasante de 73,7 % du réseau global. Cette forte présence est essentielle pour l’inclusion financière, notamment en facilitant l’accès aux financements pour les petites entreprises et les populations des zones rurales, souvent ignorées par les banques traditionnelles.
Malgré ce dynamisme financier et le rôle social des EMF, le secteur est confronté à des difficultés structurelles. La succession d’annonces de liquidations et de placements d’EMF sous administration provisoire nourrit une crise de confiance et des inquiétudes légitimes chez les clients quant à la sécurité de leurs dépôts et la continuité du service de crédit.
Toutefois, les experts insistent sur le fait que cette vague de sanctions n’est pas un signe de faiblesse systémique, mais l’effet direct du renforcement du cadre réglementaire opéré par la COBAC. D’abord, la réforme de 2015. Cette réforme clé a instauré des normes de surveillance beaucoup plus strictes, élargissant le contrôle au-delà des seuls ratios prudentiels classiques pour englober la conformité, la gestion des risques, le contrôle opérationnel, et l’audit interne.
Après une période de transition jusqu’en 2020, la COBAC a intensifié ses contrôles à partir de 2021. Ce durcissement réglementaire a entraîné la fermeture ou la mise sous tutelle des établissements jugés non conformes (au Cameroun et ailleurs), traduisant la volonté ferme des autorités d’assainir ce secteur stratégique pour l’économie sous-régionale.



