‎Réforme financière : la BAD et les Bourses africaines lancent une nouvelle dynamique continentale

‎Les 18 et 19 novembre 2025, Abidjan a accueilli une rencontre inédite entre le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et les principaux marchés boursiers du continent. À l’invitation du président de la BAD, Sidi Ould Tah, plus de cinquante représentants de bourses de valeurs, de banques régionales, de fonds de capital-investissement et de capital-risque ont participé à cette concertation stratégique organisée au siège de l’institution.

‎Cette initiative s’inscrit dans la vision portée par le président Ould Tah, qui a fait de la réforme de l’architecture financière africaine une priorité de son mandat. Le défi est immense : le continent a besoin de plus de 100 milliards de dollars par an pour financer ses infrastructures, alors que ses marchés financiers restent fragmentés et que les ressources disponibles sont encore peu mobilisées pour le développement.

‎Les échanges ont permis d’identifier plusieurs priorités : créer un cadre juridique sécurisé pour les investisseurs, harmoniser les règles entre les pays, et renforcer la gouvernance des institutions financières. Les discussions ont aussi porté sur le financement des petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent 90 % des entreprises africaines mais ont encore un accès limité au capital-risque.

Parmi les décisions prises figurent la création d’un comité technique permanent entre la BAD et les Bourses africaines, chargé de suivre les réformes, ainsi que le lancement d’un fonds de soutien à la digitalisation des places financières, doté d’un budget initial de 150 millions de dollars. Une feuille de route a également été adoptée pour connecter les plateformes de cotation, avec une phase pilote prévue entre six bourses régionales dès le second semestre 2026.

‎La BAD a par ailleurs annoncé qu’elle mobiliserait un milliard de dollars sur cinq ans pour accompagner les réformes structurelles des marchés de capitaux africains, en partenariat avec les agences de développement et les fonds souverains.

Cette rencontre pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour la finance africaine, fondée sur l’intégration, la transparence et l’innovation.

Parmi les institutions présentes figuraient l’African Exchanges Linkage Project (AELP), ainsi que les bourses du Rwanda, du Mozambique, du Cabo Verde, de Nairobi, de Tunis, de Casablanca, du Ghana et la Bourse régionale de l’Afrique centrale.