Finances publiques : La Guinée Equatoriale projette un budget 1 294 milliards FCFA en 2026(- 8%)

Face à la forte volatilité de ses recettes pétrolières (81 % du total), la Guinée Équatoriale adopte un Projet de Loi de Finances 2026 de stricte austérité. Le budget, fixé à 1 294,2 milliards de FCFA, est en nette contraction de 8 % (tant en recettes qu’en dépenses), visant à contenir le déficit et à garantir la soutenabilité budgétaire à long terme par la diversification économique et l’amélioration de la gouvernance.

Le gouvernement de la Guinée Equatoriale a présenté au Parlement un Projet de Loi de Finances 2026 caractérisé par une nette contraction budgétaire, le montant global étant fixé en équilibre à 1 294,2 milliards de FCFA, soit 8 % de moins que l’exercice précédent. Cette réduction concerne tant les recettes attendues (chute de 111,5 milliards de FCFA, soit -8 %) que les dépenses prévues (baisse de 109,2 milliards de FCFA, soit -7,8 %). Cette austérité est une réponse directe à l’impératif de contenir le déficit et de stabiliser les finances publiques, qui demeurent excessivement fragiles en raison de l’omniprésence des revenus pétroliers (81 % des recettes en 2024) dont la production et les prix sur le marché international restent très volatils.

Les autorités équato-guinéennes maintiennent les mêmes objectifs stratégiques que l’année en cours : accélérer la diversification économique en améliorant l’environnement des affaires pour favoriser les secteurs non pétroliers, réduire les vulnérabilités de gouvernance afin de stimuler l’investissement privé, garantir la soutenabilité budgétaire à long terme, en tenant compte d’une tendance structurelle à la baisse des revenus issus des hydrocarbures et restaurer la solidité du secteur bancaire pour qu’il puisse soutenir l’activité privée, tout en poursuivant l’amélioration des indicateurs sociaux.

Pour rappel, les comptes publics ont connu des basculements importants ces dernières années. Après un excédent de 190,6 milliards FCFA en 2023, la Guinée Équatoriale a enregistré un déficit de 43 milliards de FCFA en 2024. Ce retournement s’explique par l’effondrement de 19,7 % des recettes pétrolières (-274,9 milliards de FCFA), lesquelles n’ont pu être compensées malgré un léger effort de compression des dépenses par le gouvernement.

Néanmoins, l’État est repassé dans le vert au premier semestre 2025, affichant un excédent de 148,4 milliards de FCFA grâce à une stricte maîtrise des dépenses (658,1 milliards de FCFA) par rapport aux recettes (805,5 milliards de FCFA) sur la période.