Budget 2026 : l’Impôt Synthétique Libératoire en hausse de 3961%
- Le corporate
- 6 novembre 2025
- Editorial
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Dans le projet de loi de finances 2026, une ligne fiscale se distingue par son envolée spectaculaire : l’Impôt Synthétique Libératoire (ISL). Destinée aux petits opérateurs économiques, cette taxe enregistre une hausse de 3961 % de ses recettes prévisionnelles, passant de 127,1 millions de FCFA en 2025 à 5,16 milliards en 2026. Soit un écart de plus de cinq milliards de francs.
Pour rappel, l’ISL est un impôt qui a fait son entrée à partir de la Loi de finances 2018. Elle concerne les opérateurs économiques qui réalisent un chiffre d’affaires annuel hors-taxe inférieur à 30.000.000 F CFA.
« C’est une synthèse de plusieurs impôts (notamment l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques, la Patente, les impôts fonciers, les Licences).
Le montant du droit fixe est déterminé suivant la nature de l’activité et du tableau afférent à l’ISL qui figure dans le Code Général des Impôts (CGI).
Sont notamment passibles de l’ISL les petits commerçants (boutiquiers), vendeurs de nike, vendeurs de cotis braisés, cordonniers, couturiers, vendeurs à la sauvette, vendeuses de fruits et légumes, gérant de bars, vendeurs de friperie (moutouki) », précisait la DGI au moment de son instauration. Et d’ajouter que cette taxe a été instituée pour « susciter l’adhésion à l’impôt pour l’ensemble des contribuables, si « petits soient-ils ».
L’envolée spectaculaire de l’ISL soulève cependant plusieurs questions : L’État ne prélevait-il pas cet impôt de manière exhaustive jusqu’ici ? Sur quels mécanismes repose l’élargissement de l’assiette fiscale ? Et surtout, cette montée en puissance s’accompagnera-t-elle d’une politique de formalisation du secteur informel, où opèrent une large gamme des métiers concernés? Aucune précision officielle n’a été apportée à ce stade.
Toujours est-il si cet impôt suscitait déjà de vives craintes lors de son instauration, certains commerçants affirmant que leurs cotisations étaient passées du simple au triple, ces craintes pourraient être renforcées avec l’objectif de collecte affiché pour 2026.
Il faut noter que cette taxe ne profitera pas uniquement au budget général de l’État. Dans la loi des finances 2026, 70 % des recettes de l’ISL seront reversées aux collectivités locales, tandis que les 30 % restants alimenteront le budget national.



