Fin des sacs plastiques jetables : une opportunité pour les entrepreneurs gabonais
- Le corporate
- 29 septembre 2025
- Editorial
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Après un moratoire de trois mois accordé aux commerçants, l’interdiction des sacs plastiques à usage unique est officiellement entrée en vigueur au Gabon ce 23 septembre 2025, conformément à l’Ordonnance n°0012/PR/2024 du 26 février 2024.
Cette mesure marque un tournant dans la politique environnementale du pays, notamment dans la lutte contre la pollution plastique, qui demeure préoccupante.
Une décision motivée par l’urgence écologique
Le Grand Libreville collecte à lui seul 36 tonnes de sachets plastiques par jour, en moyenne. Ces déchets, non biodégradables, mettent plus de 100 ans à se décomposer, polluent les sols, les cours d’eau et menacent la biodiversité. En zone côtière, les plastiques représentent jusqu’à 80 % des déchets marins, selon les estimations du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).
Face à ce constat, le gouvernement a choisi d’agir pour protéger la santé publique, préserver les écosystèmes et aligner le pays sur les standards internationaux du développement durable.
Une opportunité économique pour les filières locales
L’interdiction des sachets plastiques jetables ouvre la voie à une économie circulaire fondée sur des alternatives durables : sacs en tissu, en papier recyclé, en fibres végétales ou biodégradables. Plusieurs filières porteuses peuvent être identifiées.
Bien qu’aucune projection officielle n’ait encore été publiée sur les retombées de cette initiative, des hypothèses comparatives permettent d’envisager des perspectives encourageantes. Au Rwanda par exemple, l’interdiction des sachets plastiques jetables en 2008 a favorisé l’émergence de plus de 1 200 emplois dans la fabrication de sacs biodégradables et le recyclage, selon le Rwanda Environment Management Authority (REMA).
Au Kenya, une décision similaire en 2017 a permis la structuration de plus de 300 PME dans les filières alternatives, avec un marché estimé à 2,5 milliards KES (environ 5,5 milliards FCFA) en trois ans, d’après le Kenya Association of Manufacturers.
Transposées au contexte gabonais, ces dynamiques pourraient permettre la création de plusieurs centaines d’emplois directs et la mobilisation de milliards de FCFA en investissements publics et privés, si des partenariats intelligents sont mis en place.
Déjà reconnu pour son engagement dans la préservation des forêts, le Gabon devrait renforcer son image de leader vert grâce à cette initiative.
Les opérations de contrôle et de sensibilisation, prévues dès ce 27 septembre 2025, permettront de jauger l’effectivité de la mesure. Mais la vigilance s’impose, car des initiatives similaires ont été décrétées par le passé, comme l’interdiction des sachets non biodégradables, sans réel respect sur le terrain.



